Présidentielle : Et si Mélenchon écoutait ses soutiens… avant ?

On lit que Mélenchon va consulter ses soutiens en cas de second tour Le Pen, Macron. S’il les écoutait avant, il aurait lu sur cette page :

– Avant le premier tour de 2017, que les Français voulaient qu’il assume sa proposition d’être le chef de l’Etat et non celui qui les insécurise en ouvrant l’usine à gaz institutionnelle de sa propre démission « au cas ou il serait élu ».

– Qu’abandonner sa stature présidentielle au soir du second tour de 2017 pour enfiler celui du mauvais joueur factieux en appelant à la rue était une très mauvaise impulsion.

– Il ne se serait pas fait piéger dans le rôle de parlementaire, alors qu’il avait une position en surplomb précieuse. Celle de chef de l’opposition, homme enfin sage aux accent hugoliens pour qui même la droite votait.

– Que rompre l’équilibre en virant ses souverainistes au profit de ses pro-musulmans le coupait de la France profonde et redonnait une deuxième vie à Marine Le Pen.

– Qu’avoir l’air de se défier des Gilets-Jaunes et leur courir après en même temps n’était pas le bon positionnement.

– Il aurait compris que l’ADN français était actuellement touché sur les bases même de son unité et que cette priorité de survie conditionnerait la politique.

– Que le but du jeu n’était pas de jouer la petite finale de la présence au second tour mais la grande, celle de la victoire sur le libéralisme; et donc qu’il ne s’agissait pas d’imiter Mitterrand en allant manger un à un ses petits camarades de gauche ou Verts, mais au contraire, comme De Gaulle, d’incarner le rassemblement de tous les Français face à la corruption de Macron.

– Que la campagne ne se gagnerait pas au programme le mieux disant, mais à la capacité d’incarner la survie de la France, car in fine, les Français sont prêts à crever avec un SMIC bas, pour sauver ce qui les relie.

Mais bon, Mélenchon l’a lu

Il a juste préféré, comme tant de fois avec tant d’autres, claquer la porte de la page dans un juron parce qu’il lui déplaisait que je démonte les combines de com un peu pauvrettes et les stratégies électorales usées de sa candidate à vie (elle aussi) dans mon quartier (la même qui m’avait proposé une place éligible avec ce superbe argument : « tu verras, en plus c’est bien payé…» il y a des gens qui comprennent vraiment bien la psychologie des autres).

Cela ne m’empêchera pas sans doute pas au final de voter pour lui, en trainant les pieds comme tous ceux qui réfléchissent, avec le sentiment d’un énorme gâchis.

Le sentiment surtout que la bataille est pliée parce que cette élection redevient, une fois que les médias ne peuvent plus tenir H24 avec le COVID et les bruits de chars dans la raspoutitsa, qu’ils sont obligé de passer en mode justification de Mc Kinsey, ce qu’elle devait être : le référendum anti-Macron.

A ce jeu, c’est la France contre Macron

Duel à mort sur fond de travail forcé et de retraite après l’âge de l’enterrement. Offrir un meilleur Smic, des éloniennes, une vision du long terme de qualité n’y suffira pas. Car la question que va se poser la France profonde ne sera pas qui est le meilleur, qui a le meilleur programme (encore moins comme le crois les fanatiques de LFI qui « a lu l’Avenir en Commun, tout est dedans ») mais qui pour dégager le guignol ? Qui peut le faire ?

Les regards des Français vont se porter sur le second tour. Voir que Mélenchon, sans réserve de voix, avec ses petits camarades «« de gauche »» à la Jadot, Hidalgo, qu’il a mangé, mais qui de toutes les façons voteraient Macron MEME si Mélenchon au second tour car ils appartiennent culturellement, par tous leurs pores et toutes leurs trottinettes, à ce gauche Libé avant tout libérale culturellement, avant de l’être politiquement.

Qui de Marine Le Pen ou de Mélenchon, qui a le plus de réserve de vois donc. Qui est le moins impopulaire ? Qui a montré le caractère le plus posé dans la tourmente, qui parait l’agité ? Mais surtout qui va être du côté de la France et non pas ambigu sur la menace identitaire ?

Nous sommes assez nombreux, si j’en juge vos pages, ou le stress politique qui vient de l’Elysée, à juger que le choix est déjà fait. Le pire étant que, même futur électeur de Mélenchon, qui serait sans doute à fond militant sur un second tour, j’ai au fond de moi le stress de me dire, putain, si on avait la chance que ce soit Mélenchon, on verrait Macron repasser…

Je vous ai souvent dit mon point de vue de fond, très Toddien, les grands pays de la démocratie, Angleterre, Etats-Unis, France vivent toutes la même crise, celle du peuple local appauvrit, contre les élites mondialisées bénéficiaires de l’Effondrement.

En Angleterre, ils ont trouvé un compromis. Les élites ont repris la demande du peuple, pour conserver le pouvoir, c’est le Brexit et la souveraineté mercantile.

Aux Etats-Unis, c’est l’aventure identitaire-populiste de Trump (un peu semblable à celle que serait Marine Le Pen chez nous), au final, comme il n’y a pas de vraie rupture avec le système libéral, celui-ci revient au pouvoir.

En France, nous nous caractérisons par des libéraux radicalisés au pouvoir (Macron, Pécresse, Mc Kinsey etc.) alors que le peuple est souverainiste, social, nationaliste, mais peut s’entendre sur un compromis, non raciste.

Nous sommes infichus d’avoir cette offre politique, parce que les nationalistes s’obstinent à rompre le pacte de l’Egalité et la Fraternité et que la Gauche est dans l’hystérisation inverse des minorités, ce qui la coupe de tout le monde (sans parler de ses trahisons du peuple de Mitterrand à Hollande… voir Macron).

Sans solution dans ce dilemme, la France va de défaite en défaites, nous nous appauvrissons, sommes humiliés, avons des services publics détruits etc. Un pays en lambeaux, rongé par la corruption méprisantes qui ne se cache plus de sa technostructure.

Ces dernières années, nous avons vu un Mélenchon qui a quitté le lui-même la position dominante centre souverainiste et humaniste raisonnable, tandis que Marine Le Pen faisait mouvement vers le social et la respectabilité.

Quel rapport de force voyez-vous à dix jours du premier tour ? Qui se pose la question du choix de second tour face à l’autre ?

Moi, je me pose la question de comment on dégagera cette génération politique, qui nous mène d’impasse en défaite, en se croyant détentrice de la décision juste, alors qu’elle ne prolonge que son propre confort égotique d’opposant.

Langlois-Mallet

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