Candidat EELV. L’écologie responsable attendra

Avec le choix de Jadot, le business modèle Vert est trouvé… mais la responsabilité politique, elle, n’est pas au menu.

« A table les copains ! » plutôt que « Repentez-vous, mâles infâmes ! » Les Verts ont choisi leur candidat et une orientation. Que l’abbé de cour l’emporte sur la mère supérieure de Congrégation ; que le Macron compatible ait le dessus sur la LGTBQ+Mélenchon ; que le mâle dominant étouffe le monologue du vagin; que l’échine souple à toutes compromissions tant qu’il y a des postes à la clef prenne le meilleur sur le sévère préchi-précha d’un néopuritanisme sorti des campus US ; importe bien peu (hors de la bulle verte). Pour nous tous, assoiffés sincères d’une transformation écologique réelle, hors système tribal, un mystère demeure.

Comment l’écologie peut-elle avoir raison d’annoncer un péril et les écologistes se perdre — ou se dérober — toujours au moment d’organiser la défense de la cité ?

L’histoire retiendra sûrement qu’il revient aux écologistes (culturels, associatifs…), d’avoir les premiers alertés sur l’effondrement à venir et d’avoir recherché les pratiques, les outils, les techniques durables. Mais ce sera pour constater que les écologistes politiques ne seront, eux, probablement jamais à la hauteur.

EELV semble voué à se perdre dans l’imitation de la religion, la caricature des stratégies pastorales; l’hésitation entre deux fausses questions : savoir s’il lui faut infiltrer le haut-clergé du pouvoir (pour la plus grande gloire du tournesol et son petit business modèle personnel) ou prêcher la culpabilité dans le désert ou à Babylone et faire tonner sur les mortels au cas où la globalisation libérale ne les aurait pas assez « déconstruits » comme cela ?

On reconnaîtra aux écolos que les dernières décennies n’étaient pas propices, face à des foules dans le déni ; dans l’obésité de consommation ; dont l’urgence est de trouver un emprunt pour un nouvel SUV ; de cliquer leur mal-être boulimique sur Amazon ; de regarder des programmes excitants ou de « profiter ». Mais voilà que le vent change, et que nos gentils consommateurs d’un coup saisis d’effroi, seraient prêts à se ruer dans le premier zemmourisme venu… Pourvu qu’il leur promette un ennemi suffisamment familier et les repères d’une bonne vieille guerre civile des familles.

Quand le péril menace, c’est à celui qui sait organiser les esprits a qui la légitimité de la cité appartient. La responsabilité, c’est de transformer la peur en action. Négative ou positive…

A cette responsabilité, Les Verts, reflets eux-mêmes des valeurs individualistes de leur temps, auront refusé constamment le travail de construire une majorité culturelle, d’obtenir un consensus politique, pour mener un projet. Préférant deux attitudes adulescentes, la jouissance immédiate des fruits du pouvoir et la prophétie de la faute, demandant aux citoyens, non de se rassembler et de les suivre, mais de se changer pour le destin peu enviable de leur ressembler.

Sans doute aussi qu’ ils ne désirent pas se sentir responsables de ce peuple français qu’ils n’aiment pas, parce qu’ils en sont issus. Qu’ils se vivent comme des enfants des Deschiens cherchant un stage à Canal+, fuyant le papier peint du pavillon familial et désireux d’être acceptés à la Capitale et de ses mutants nocturnes incertains, se bricolant des valeurs dont la seule condition est qu’elles soient sans repères ni racines, souples et solubles dans le Grand marché. Universalisme pour poissons-rouges et pour Castors, qui les rend poreux à tout libéralisme, pourvu qu’il se pare comme lui des plumes arc en ciel du progressisme ; comme Cohn-Bendit a su le faire des couleurs supranationales de l’Europe et du dépassement des nations.

Mais voilà, l’élection présidentielle est la plus nationale de toutes, la plus spécifiquement franco-française, mélange dans le shaker gaulliste, d’héritage capétien et de démocratie aristocratique romaine. Et son plus cruel paradoxe serait, au jeu de la peur, que d’autres, qui ont bien compris que la politique parle à un peuple toujours singulier, ayant une histoire singulière, se voient en situation demain de diriger la manoeuvre face aux périls… que l’écologie avait anticipé.

Langlois-Mallet

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