Bio

« Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre; ce n’est pas raison que tu emploies ton loisir à un sujet si frivole et si vain. Adieu donc; de Montaigne, ce premier de mars mille cinq cent quatre-vingt. »
Montaigne, première préface des Essais

Ceci posé, pour m’excuser que je ne vais ici parler que de moi. Promis, ce ne sera pas de même ailleurs.

Qui suis-je ?

Les questions et les enquêtes qui structurent ma vie sont : Quelle responsabilité personnelle et collective, quelle politique écologique, au temps de l’effondrement  ? Quelle est l’âme du Paris populaire ? Quel est le secret de l’identité de la France ?
Divulgachons tout de suite, non seulement elles m’amènent à des résultats contradictoires, mais en plus je les assume et… cela me plait !

Reporter de terrain, je me suis fabriqué un arc avec de mes passions, qui ressemble plutôt à une lyre, à force d’avoir plusieurs cordes, mais qui n’en cible et pique pas moins, tricheurs et hypocrites. La vie culturelle du Paris populaire (les cafés-concert, les lieux artistiques libres, les chanteurs de la rue…) sur laquelle j’ai enquêté des années durant (Politis, Novamag, Rue89) a été mon expérience fondatrice de journaliste, tant du point de vue de l’enquête que des formes d’écriture. Ce recueil de réflexion sur les pratiques culturelles, mis en émulsion avec les politiques culturelles, sur lesquelles je menais un travail suivi pour (Commune de France) a donné lieu à une série de propositions aux institutions, comme expert (Conseil Régional Ile-de-France, Conseil de Paris) ou comme expert-militant en partenariat avec (Commission Culture du PS, Altaïr, Un Peuple Créatif), j’ai aussi animé de nombreuses Agoras en partenariat avec des lieux indé (les Inclassables avec Le Musée du Montparnasse, du Grand Paname avec Le 6B à St Denis, ou le laboratoire des politiques oeuvrières avec Le Cent, établissement culturel de la Ville de Paris.
J’ai beaucoup écrit pour la presse territoriale (journaux du 93, L’Ile-Saint-Denis, Les Lilas, Le Pré Saint-Gervais…), ou mutualiste, mené quelques hors-piste incongrus, par exemple en sport, quand j’ai même été le seul journaliste à soutenir Aimé Jacquet en 1998 (L’Humanité hebdo).

Paris

Paris, non pas la Capitale dissipons le malentendu, mais ce qui restait d’un Paris populaire, m’a attaché, fasciné, absorbant mon attention des années durant. Je me suis passionné à comprendre les mécanismes de fabrication de la culture populaire, à l’écart tant des institutions que du système commercial. De là m’est venu, lentement, une déception puis une aversion pour la politique municipale de Delanoë-Girard, puis Hidalgo-Girard, qui s’est attachée à confisquer l’expression de la ville par l’institution et ses agences de com’ pour remplacer la ville vivante, par un Paris artificiel, laid et sale, institutionnel, moralisateur, sans spontanéité ni intérêt et réservé à des touristes (qui d’ailleurs n’y reviennent pas).

Avant d’être opposant, j’ai pourtant surtout beaucoup proposé, bénévolement d’ailleurs. Notamment une autre politique culturelle à Delanoë, en partenariat avec la Commission Culture du PS; n’ayant jamais pu compter sur Les Verts parisiens, qui s’étaient entièrement vautrés contre des postes et des avantages. De façon assez paradoxale, mon travail activiste pour sauver des petits lieux du silence, de la destruction ou de l’institutionnalisation a trouvé un vrai écho qu’auprès d’une personnalité elle-même très libre et décalée dans sa famille, Nathalie Kosciusko-Moriset, qui s’est fortement engagé personnellement sur ce dossier, alors que tout nous éloigne politiquement. Notre association, même ponctuelle et limitée à la question de la liberté culturelle, a fait un gros scandale à l’époque auprès des esprits conformistes et manichéens. C’était assez amusant, mais surtout cela m’a appris que les choses n’étaient pas structurées en bien/mal, gentil/méchant, droite/gauche… et que paradoxalement, une personne, voir une politique d’un avis opposé, pouvait se trouver être un allié plus favorable à la liberté et donc à l’expression culturelle (comme on l’a vu aussi avec Toubon).

Politique

Politiquement donc, mon indépendance ne se laisse pas mettre en boite. J’ai reçu enfant de très fortes empreintes contradictoires de ma famille, le gaullisme social, la gauche alternative et l’amour au fer rouge de deux mil an d’histoire de France.
Mon moment politique fondateur à moi a été le mouvement étudiant de 95 que j’ai vécu passionnément, en créant plusieurs journaux et comme membre de la Coordination Nationale Etudiante et surtout en co-fondant dans la foulée Chiche ! mouvement de jeunesse de l’écologie politique. Une passion collective que l’on a vécu avec mes camarades comme si notre vie en dépendait quatre ans durant. J’ai été porte-parole de 1996 à 2000, militant pour le droit au revenu d’autonomie des 18-25 ans, le droit de vote des résidents étrangers, et concevant le grand pique-nique avec mille jeunes écolos européens à Paris. Puis nous avons rompu collectivement avec Europe Ecologie dégoûté de leur rapport arriviste à l’écologie (« des postes, des postes ») et du business vert de leur cadres (Baupin, Voynet, Rugy, Cohn-Bendit, Placé, Pompilli..).

Mais cette rupture porte dans mon cas aussi sur une prise de distance avec toute une Gauche, qui a remplacé le social par le sociétal (d’une manière générale l’américanisation des moeurs, le féminisme punitif, le puritanisme victimaire ou intersectionnel etc), et surtout sur la compréhension de la France par des mouvements qui ne l’aiment au pas.

Le « NON » du référendum de 2005, aura été fondateur d’une conscience politique en France et me rapproche de ce que l’on nomme (en ce moment) le souverainisme social, de Montebourg à Mélenchon, pour lequel j’ai voté aux deux dernières présidentielles, tout en posant de nombreuses critiques de la FI (ce qu’ils ne tolèrent pas beaucoup, Mélenchon a récemment claqué la porte de ma page Facebook en gueulant).

A la différence des politiciens nostalgiques du régime des partis de la IVe République, je défends l’héritage historique du Général de Gaulle, cette synthèse entre république et monarchie de la Ve, pour des raisons, non de goûts personnels, mais anthropologiques. En lecteur attentif d’Emmanuel Todd, je crois que le peuple français est contradictoire, à la fois très divers culturellement et ayant impérativement besoin d’unité dans l’incarnation du pouvoir.
La politique française, de mon point de vue, ce n’est pas opter pour le parlementarisme contre la Commune ou contre la monarchie républicaine, c’est assumer les tensions et les contradictions, d’où naissent la richesse, la créativité et la dynamique de notre peuple.

Même si j’ai pratiqué une dernière fois « le vote du moins pire » au bénéfice de Hollande contre Sarkozy en 2012, je suis assez fier de ne pas avoir eu d’illusion sur la politique qu’il a mené, ni de l’avoir accompagné. D’avoir affirmé dès 2016, à une époque où ce n’était pas la mode, que Macron serait « le pire » président, et de ne pas avoir joué les Castors, même au 2e tour. Un peu comme le mouvement de 95, comme le NON au référendum, le mouvement des Gilets-Jaunes, comme réaction de volonté de survie d’un peuple face au libéralisme, m’a enthousiasmé, surpris aussi.

Politiquement aujourd’hui, je n’attends rien du mot « Gauche » (encore moins du mot Droite) et considère toujours Le Pen comme un danger, mais moins de « fascisme », que d’incompétence crasse et de discorde civile.
Je ne retrouverai l’envie de voter que sur une vraie politique de rupture, si ce dégage un esprit de la Résistance, qui prenne la mesure de l’effondrement environnemental et humain que nous devons affronter et qui pour lutter reprenne les outils de notre indépendance, la sortie des traités (OTAN ou de libre-échange), la maitrise de la monnaie, et sache trouver et proposer une voie de cohésion pour associer les diversités très importantes, voir les fractures culturelles de la société française, notamment en démocratisant radicalement la politique, avant tout à l’échelle locale.

Langlois-Mallet

31, mars 2021

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