Peine de mort, « ensauvagement », culture de la violence etc.

La peine de mort existe encore, il faut faire comme les petits singes pour ne pas la voir.- Donnée par l’Etat, elle existe simplement de manière non dite (éliminations ciblées, interventions policières), mais surtout par non assistance et par indifférence (SDF. réfugiés laissés à la mer) et plus encore par les catégories que l’on élimine par misère, paysans (2 suicides par jour), anciens ouvriers, vieux laissés à l’abandon…) la vraie peine de mort « légale » est là et elle cible surtout les innocents.

L’autre existe du côté des violents de plus en plus sans limite, refus d’autorité de délinquants qui n’ont plus de repères (meurtres de policiers et gendarmes, de chauffeur de bus ou de citoyens qui ont simplement dit « non », où on rappelé le règlement ou leur droit etc). Mais elle existe surtout contre des femmes et des enfants, des gens sans défense, les plus faibles.

Après… Ce qui n’existe plus, c’est quelque chose de très formel. C’est la peine de mort donnée après réflexion à un individu par un tribunal dans le cadre d’un examen mesuré des faits. Personnellement – mais on s’en fout de l’avis de tel ou tel y compris du mien- je ne suis pas pour la peine de mort, mais ce n’est pas la vraie question. C’est corrélé à l’état d’une société dont il faudrait faire baisser la violence culturellement. La première chose, en sortant d’une fascination (films, séries etc). en donnant un sens positif aux vies, enfin en lançant un grand programme d’éducation des barbares.
Là, tu as une société qui s’effondre dans la violence, économique d’abord, mais s’accroche à ses souvenirs, à des droits formels très Français dans la mesure où le reste des faits ne suivent pas, d’un temps normal en se refusant à la peine de mort. Pourquoi pas, mais c’est surtout devenu et ce sera de plus en plus anecdotique. La société des années 70 dans laquelle l’avancée que représente l’abolition a été possible, se caractérise par son haut niveau de vie, sa sécurité, son abondance et une certaine homogénéité culturelle humaniste (catho et laïcs mêlés), juste après deux déchainement de violence meurtrières hors-norme (14-18, 39-45). C’est tout de même un peu un micro-climat dans l’histoire…

La société d’aujourd’hui se caractérise elle, par un effondrement sans précédent dans l’histoire de ce sur quoi nous reposons, le vivant. Qui au lieu d’exacerber une coopération folle pour endiguer le naufrage, produit une course encore plus folle au profit et une concurrence à la survie. La dynamique sans conscience du capitalisme, l’accaparement des richesses par très peu de gens pousse la glissade vers la paupérisation de la majorité. Dans ce contexte les rapports sociaux se tendent, la compétition et l’envie se généralise à mesure que l’Etat social et la sécurisation des parcours (ascenseur social, vieillesse, maladie, chômage, accidents de la vie…) qu’il permettait recule. Elle est aussi marqué par l’étasunisanisation (on le répète à l’envie ici), c’est à dire à la fois le replis individualiste, narcissique et identitaire (mon groupe contre les autres, pouvoir des Blancs, nationalismes divers) ou néo-identitaire (mon identité de sexuelle, de genre, de pratique, de peau, d’origines réelles ou fantasmées comme victime des autres). Un abaissement du niveau culturel (lecture, écriture, conversation, vie sociale civile, philo, sagesses, connaissance de l’histoire..) et son remplacement par une culture de l’émotion par l’image, une forte prédominance des représentations violentes, une valorisation de la consommation sans conscience, une hyper-sexualisation qui mais aussi un appauvrissement de l’imaginaire érotique, sexuelles, une virtualisation des rapports humaines, une baisse de la convivialité et des liens réels etc.
Elle est marquée aussi par le mélange de populations qui ne partagent pas les mêmes présupposés culturels. Caricaturalement par le choc entre un Occident qui évolue vers des valeurs féminines (dont l’abolition de la peine de mort fait partie) et la majorité des pays du monde, dominés au contraire par un retour vers l’autoritarisme avec un système masculiniste et répressif très fort.

Chez-nous, même si les Gilets-Jaunes ont remué les consciences, l’opinion mesure très mal la violence collective que les messieurs polis en cravate font à l’ensemble du corps social (la destruction des cadres de vie, campagnes, cités, villes, la banalisation des vies, la perte de sens du travail, l’appauvrissement etc.) et perçoit en revanche très fortement la violence individuelle venant de petits merdeux inciviles et violents (En gros, tous tes repères de vie, quartier, nature, travail, sociabilité, culture… ont été détruits par des mains invisibles relativement insensiblement, mais tu resteras marqué, choqué, par une personne agressive ou insultante).

Cette violence est identifiés dans les représentations collectives aux petites cailleras de banlieue. Plus ces gamins viennent d’une culture autoritaire dont les repères ont été disloqués par leur plongée dans une culture occidentale (perte de l’autorité du père, dévaluation du travail, absence de repères religieux, absence ou faiblesse de l’autorité répressive), plus ils se sont reconstitué sur les représentation violentes de la société étatsunienne, plus violents et plus la société devient violente, perçoit « l’ensauvagement », la barbarie etc. Qui est à mon avis un phénomène réel, mais conjoint du haut et du bas. un double mouvement.

Mais bon, pour revenir à la peine de mort. Comme être partisan ? Qui la donne ? Comment (quelle violence aussi sur le bourreau etc). La perpétuité a des « vertus », si personne n’a de plaisir à imaginer Fourniret et Haulme vieillissant paisiblement à nos frais en jouant aux échecs (comme c’est le cas) en prison, leur maintien en vie permet aussi de dénouer des affaires comme dans le cas de l’abominable souffrance de la famille de la petite Estelle. Chose qui aurait été impossible avec la peine de mort. Mais encore une fois, c’est une question très relative. Plus le niveau de violence économique et social monte, plus la peine de mort devient monnaie courante pour des innocents. Plus les barbares courent les rues dans un système qui se délite, plus la mort fait partie du quotidien (songeons au Brésil), plus le droit mis en place dans une société relativement paisible nous apparaitra anecdotique. La Justice n’a pas le droit de tuer, c’est entendu. Mais si tout le reste s’entretue autour ? Si les prisons débordent, que l’on relâche comme ses jours-ci un violeur multirécidiviste jusqu’à ce qu’il devienne l’assassin d’une gamine de 15 ans, n’arrive t-on pas à l’absurde où il ne reste que les assassins pour voir leur vie protégée ?

Langlois-Mallet

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s