Nègre

Le blanchiment, pire que le grimage en noir ? D’abord un point de méthode. On est d’accord que l’on ne sait pas si nos enfants pourront respirer, boire de l’eau ou manger dans 30 ans. On ne sait pas s’il y aura des animaux, autres qu’en usine à viande. On n’ose même pas voir le niveau des mers en France, celui du réchauffement et l’état des nappes phréatiques. Je ne dis mot par pudeur du contexte géo-stratégique ou des déplacements de populations. Nos dirigeants n’ont plus de visibilité économique au delà d’un mois ou deux et toutes les classes de la société (à part le 1%) s’enfoncent dans le déclassement, la précarité, la survie ou la barbarie.

Ceci posé on respire mieux, et l’on peut attaquer les choses qui passionnent vraiment la moyenne bourgeoisie et les médias : le genre, la couleur de peau, l’identité sexuelle et toutes les games de la victimisations permises par les débats identitaires quels qu’ils soient (même le Lepéniste se sent désormais victime de l’immigration) Culturellement ou politiquement il n’y a plus de propositions sur ce que l’on pourrait faire ensemble, ou comment le faire. Il ne reste que des invectives, des attaques de statues. Deux France qui affûtent leurs armes.Comme on avait épuisé ad nauseam le registre du néo-féminisme depuis trois ou quatre ans que l’on mange des règles à tous les repas, que les magazines (qui viennent de le découvrir) nous racontent le clito comme Christophe Colomb le Brésil et que les plus insignifiantes starlettes ou plumitives, si elles se disent féministes, nous racontent à longueur d’antenne le Chemin aux Dames d’être femme, de la guerre de tranchée du maquillage, au Verdun de l’achat de sous-tif, il fallait sans doute changer de thème tout en continuant à brouiller les débats.

Le COVID a mis un temps tout le monde d’accord et à enfermé l’espèce bourreau avec l’espèce victime, attelé à son cruel destin de s’épancher de ses misères sur Internet et de se faire émouvoir. La politique, enterrée depuis l’irruption des Gilets-Jaunes, a failli un moment ressurgir dans la colère des médecins et des femmes en blancs; puis les agences de com’ et les trafiquants d’éléments de langage gouvernementaux ont réussi à transmuter la colère des Gaulois réfractaires contre l’incapacité de leurs dirigeants (heureux temps où l’on tuait le chef en cas d’épidémie), en guerre tribale des pro et des anti-masques. Et nos Gaulois de donner dans le panneau…

Je compte revenir dans un prochain post sur ce qui m’a le plus marqué cet été, et plus généralement dans la décennie : de la destruction des politiques pour leurs vices personnels (de DSK à Darmanin en passant par Fillon ou Juan Carlos ou Adama), concomitante de l’incapacité totale à juger de leur politique, projet ou message. Où l’on retrouve encore les moeurs et le sociétal qui a cannibalisé le social et le public.Le meurtre à Minneapolis de George Floyd, a représenté un vrai moment de bascule culturel. Dans un premier temps, on a cru que l’on allait se poser la question du maintien de l’ordre en France. Le cas de Cédric Chouviat est ressorti. Peut-on imaginer un autre rapport avec les fonctionnaires chargés de nous protéger, incluant le respect qui leur est dû, que celui de la crainte, voir d’une sorte de peine létale quasi légale touchant plusieurs personnes par ans ?Très vite le Comité Adama a bousculé les lignes, y compris celle de l’interdiction sournoise de manifester pour cause de… Covid. Puis le débat s’est enlisé dans les attaques par des ignorants de statues de Colbert et se prolonge depuis dans toute une série de polémiques, jusqu’à Agatha Christie à la caricature de la députée de Paris Danièle Obono.

Repenser la relation des Blancs et des Noirs (comme des Femmes et des Hommes ailleurs) pourrait être une aventure politique vraiment intéressante ! Si ce besoin profond n’était pas pris dans la glu du puritanisme médiatique, des apparences et de ce débat sociétal poisseux et victimaire.Au final, il s’agit toujours de rien changer sur le fond de la mécanique de domination, en culpabilisant sur la forme le populo ou en maquillant le regard et les mots des Blancs en quête de nouvelles distinctions.

J’aimerais bien savoir pourquoi tant de Noirs en France occupent les emplois dévalorisés ou inférieurs. J’aimerais savoir pourquoi nous sommes si indifférents au fait que les pionniers les plus courageux d’entre-eux meurent de notre indifférence en mer, ou croupissent à Stalingrad. J’aimerais savoir quelles sont les relations post coloniales que mon pays entretien avec les pays d’Afrique qui ne soit ni pillage des ressources, du soutien à des corrompus, ou de l’intervention armée. Et les projets politiques pour nous changer nous même en changeant tout cela. Cela aurait du sens et de la richesse. Ce serait bien aussi que parole soit donnée aux amoureux de l’Afrique comme de la France, ça changerait de climat. Que l’on entende aussi davantage les métis et pas que sur les terrains de football.Voilà qui serait plus intéressant que de maquiller les titres des livres, d’interdire les caricaturistes, de repeindre en rouge les roses blanches comme dans Alice de peur que le politiquement correct ne nous tranche la tête.J’aimerais bien que l’on arrête aussi d’emmerder les Blancs et de leur faire tomber la hache du racisme pour des futilités ou dès qu’ils perçoivent une étrangeté. Je ne pense pas que le chauffeur de taxi soit raciste parce qu’il ne voit dans le rétroviseur la nuit « que du noir ou des dents blanches », ou parce que les Blancs leur trouvent une odeur d’épices. Il parait qu’ils nous trouvent une odeur de cadavre, sans que nous ayons à nous en offenser non plus et j’imagine qu’en Afrique un blanc est aussi un objet (relatif) de curiosité. L’autre est étrange et c’est bien ainsi que se fait la découverte, à taton dans les préjugés et que la censure la rend impossible.

Sur le fond, plutôt que de chercher à contrôler l’expression, je crois que l’on devrait s’attacher à faire évoluer la conversation. Les Blancs regardent beaucoup les Noirs, ils sont fascinés par leur beauté, lui attribuent des rôles (danseurs, sportifs, mannequins..). On les regarde, on en parle ou en en parle plus s’il faut tout maquiller, tout taire, ne pas prendre le risque d’un mot ou d’un procès d’intention.Mais que m’importe ce que les Blancs disent ? Que m’importe ceux qui veulent les faire taire ? Mais par contre les écoutons-nous ?

Quand un noir nous parle sa parole a t-elle dans notre oreille la même valeur, le même impact, que celle d’un blanc ? Vaut-il comme personne singulière ou compte t-il d’abord comme noir ? Sommes-nous prêts à accueillir sa pensée et non la catégorie de préjugés dans laquelle notre culture l’enferme à priori. Ce sont là des questions beaucoup plus intéressantes à affronter y compris pour nous-mêmes !

Cela vaut d’ailleurs pour nous les hommes quand une femme nous parle. Sincèrement sa valeur symbolique a t-elle la même force que celle d’un homme ? Et pour un enfant, reconnaissons-nous d’abord une personne en dignité ou un inférieur à reformater dans ce que l’on appelle éducation ? Comme toujours, il y a l’effacement du social par le sociétal. dans ce néo-féminisme idiot qui consiste à revendiquer la similitude à l’homme et non pas l’égale reconnaissance (« moi aussi je peux pisser debout » servant à ne pas parler de l’injustice des écarts de salaire). Mais il y a bien une question qui se pose. Etre un homme, plus âgé que jeune, éduqué ou aisé, avec plus de pouvoir que moins, c’est tout de même considérer que l’on appartient à un club fermé sur ceux que l’on reconnait ses semblables ayant vocation à la direction des affaires de la cité, de la vie de l’esprit, voir de la vie des autres tout simplement. Cette réalité est très sensible en politique et donc un peu partout, même si le groupe se maquille de quelques femmes ou de quelques noirs.Tirer ce constat n’invite nullement à l’effacement ou à ne pas assumer son rôle de père, d’éducateur, de citoyen. Juste à écouter et faire de la vrai place, plutôt que de l’hypocrisie ou du maquillage du passé, ou de la pensée qui est bien plus obscène à mon avis que le grimage en noir.

Pour le sujet qui nous occupe, une société où on les appellerait « nègres » mais où on les penserait et traiterait vraiment en partenaire et alter-ego serait-elle plus mauvaise ?

Langlois-Mallet


Obono : Blasphème ou censure

Personnellement, je préfère vivre dans un pays de blasphème que de censure.Bien sur qu’il faut être au côté de l’insultée, la députée Obono, et que l’insulte assez abjecte confirme ce que l’on peut penser de Valeurs Actuelles (même j’avoue, sans même l’avoir jamais lu). Mais c’est quoi cette société de verre où l’on a besoin d’aller chercher entre les pages des fanzines polémiques des motifs d’indignation ?

Le plus criant, n’est pas l’insulte, mais la place exagérée jusqu’au ridicule donnée dans l’actualité à des contenus voulus pour créer la polémique. Valeurs Actuelles a réussi son coup médiatique sur le mode Lepéniste bien connu de celui qui pète bruyamment pendant la messe pour s’attirer la gloire des autres garnements.Evidemment que ce journal ne cherche pas l’information, mais à augmenter son lectorat potentiel en lui adressant un gros clin d’oeil. Le fait que tout le monde hurle, et particulièrement ceux et celles que ses lecteurs potentiels détestent, a dû les inviter à déboucher le champagne. Campagne publicitaire réussie… payée par ses adversaires !

Langlois-Mallet

© inconnu. Abolition de l’esclavage, in Geo-ados

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