Identités. Ouplahup Barbatruc !

On est passé d’un débat sur le droit de tuer pour « maintenir l’ordre » (maintenir leur désordre) à un débat sur les statues des gens du passé…

St Louis était-il assez gay-friendly ? Clovis à t-il fait preuve de discrimination à l’embauche envers les Huns ou les trans ? Couton et Robespierre ont t-ils œuvrés à une politique inclusive vis à vis des personnes à mobilité réduite ? Catherine de Médicis a t-elle stigmatisé les personnes de petite taille ? Les quotas ethniques ont ils été respectés par François Ier à Marignan ?

Perso, il n’y a aucune dérision sur le fond, j’ai eu mainte fois l’occasion de le dire. L’histoire du métissage est aussi la mienne, mais cela n’est pas lié à mon positionnement politique.

On est exactement dans la même situation que pour le féminisme. Sur le fond, je suis d’accord, la forme que cela prend me déçoit par sa stupidité. Et je ne me prive pas d’ironiser là-dessus.

Après, dans ce cas précis, je pense que l’ont rate vraiment le coche d’une réflexion globale sur la violence envers les classes sociales « dangereuses », « inférieures », « populaires »…

C’est la vraie question. Il est insupportable de brûler une Porsche ou un abribus, mais on peut gérer les relations sociales par tir de LBD interposé ou étouffement.

Cela concerne les noirs, les marrons, les jaunes ou les blancs… C’est une question sociale et politique.

Partir dans un mouvement à l’états-unienne sur la question racilae est à mon avis un piège. On voit déjà que les « races » se déchirent sur des sujets culturels et ont abandonné la lutte sociale.

A chaque fois, c’est le même processus, diviser pour régner. Quand les gens sont invités à se sentir « arabes » pour se demander s’ils doivent se joindre aux manifs de « blacks », quand les gens se mangent le nez en fonction de la couleur de celui-ci… Les vraies questions qui les unissent : comment vivre aujourd’hui, survivre demain ?

Par ailleurs on peut se demander aussi où vont nos nouveaux humanistes raciaux. Quand on en vient à détruire des statues de Voltaire ou de De Gaulle… J’ai plus que des questions. Ça me rappelle la sympathie qui entourait Khomeny quand il renversait le Shah d’Iran… Une de mes premières expérience de l’actu de gamin. On a vu la suite.

Cela pour le fond.

Sinon, je ne me sens pas de sympathie avec les Blancs qui disent que les Noirs ou les « Arabes » n’ont qu’à se taire car il n’y a pas de problème. Si bien sur qu’il y a un problème. Oui il y a des choses à dire. Oui, une expérience de la vie (les contrôles d’identité, le fait que Noir rime avec inférieur, qu’Arabe rime avec délinquant pour la police et l’imaginaire collectif) oui. Ce sont de vrais problèmes qui méritent de l’attention, de la réflexion, du respect. Comme pour les Juifs, les réseaux sociaux n’existaient pas au moment où l’histoire officielle de la France résistante a été déconstruite et où la Collaboration, Vichy et ses conséquences notamment la complicité de la police dans le génocide des Juifs en France ont émergé dans la conscience, on ne sait donc pas les réactions et les débats qui auraient eu lieu. Gageons que cela aurait pu être douloureux. Mais c’était bien, utile et fécond au long terme.

Mais si tu ne vois pas que nous ne sommes plus dans les années 50 et qu’il y a une usure de la critique anticolonialiste de la France. Il y a un ras le bol qu’il faut entendre aussi. D’une part parce que l’examen auto-critique est à sens unique. Si tu prends l’esclavage, les Noirs ou les Arabes sont invités aussi à imaginer qu’ils descendent de victimes et de purs esprits, alors qu’ils étaient des maillons culturels essentiels de la traite. La culture blanche, européenne, française, coloniale mérite sa critique, on la fait à l’occasion. Mais elle n’est plus audible quand une critique, qui devrait avoir pour but l’amélioration et l’exigence, devient une arme de destruction collective. Les milieux populaires blancs (s’il faut sortir à contre-coeur ce type d’image) ne sont pas particulièrement responsables d’un esclavage décidé et profitable à leur classe dirigeante. A bien des égards, leur condition y ressemble aujourd’hui, celle des paysans qui se suicident, des villageois abandonnés, des ouvriers aux vies détruites etc. Leur besoin de fierté collective (qui existent aussi dans l’histoire mais sont complètement passées sous silence) sont grands. Pourquoi devrait-ils (et au profit de qui ?) se construire dans l’idée qu’ils sont les méchants de l’histoire et qu’ils doivent expier ? Et pourquoi ? Pour qui ?

Là encore, la classe dirigeante et sa haine du peuple porte une très grande responsabilité qui engendre des réactions en retour que l’on peut parfois déplorer ou condamner, mais qui sont explicables. Le corpus de valeur global à laquelle elle adhère (pas d’homophobie, pas de racisme, pas de sexisme etc.) reste par ailleurs très réthorique et lui permet de cibler les mal-pensant plutôt que de s’interroger sur le fait que sa prospérité provient de la mise en esclavage généralisé de la moitié de la planète (appelé globalisation), dans le plus pur style des excommunications religieuses d’antan envers les milieux populaires à la révolte désordre ou mal embouchée.

Autre question, on est dans une victimologie générale complètement délirante et son pendant des mises en accusation qui ont valeur d’ostracisme social. On peut, on doit, être ironique avec Voltaire qui parlait de Liberté et spéculait sur les actions esclavagistes. Cela n’invite pas à brûler son oeuvre ou à nier son rôle dans l’aventure de l’intelligence. On isole ainsi un fait d’une vie, dans les deux sens. Le moindre malfrat, pour peu qu’il appartienne à une catégorie ad hoc, est invité à oublier ses violences (envers les femmes, les faibles, les passants) pour prendre possession de ses nouveaux habits de « victime » et du prestige social associé.

A côté de ça un Etat qui se vante d’avoir abolit la peine de mort, même pour les assassins récidivistes d’enfants, trouve assez normal qu’elle puisse se donner au hasard d’un contrôle de police parce que le gars a la même couleur que son frère délinquant.

Bref, il y a beaucoup à dire sur tout cela et un peu d’ironie face à la bienpensance ne fait pas de mal car moi je vois plutôt un monde très confus qu’un nouvel humanisme pendant que les intérêts de ses divisions sont en revanche extrêmement clairs !

Langlois-Mallet

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s