Paris. Petit patrimoine ? Racines à arracher

Le promeneur s’attache incroyablement à cette maison de maître de guingois enjuponné de ses ateliers qui nous fait défiler tout un roman de Zola dans la tête à chaque passage à St Ambroise. Un vague projet de la mairie rasera tout cela.

Un coup d’oeil dans l’ardoise moussue de cette maison d’angle faubourienne de la rue de Belleville vous met en joie pour la journée, c’est une connivence, un clin d’oeil adressé par dessus toutes les misères de l’histoire, par les titis et les grisettes au parisien à écran s’il lève encore les yeux. Qu’il repasse par là six mois plus tard, un petit architecte à sué son conformisme pour surélevé tout ça dans un beau blockhaus gris à la mode.

Le bar décati de Richard Lenoir, était-il ouvert ou fermé ? Je n’en sais rien, mais son immuable lenteur vous dégainait des rafales d’Audiard dans le ciboulot si vite que vous n’aviez pas le temps de vous baisser. Tout cela a été effacé, aplati pour faire ville propre. Mais propre à quoi au juste ?

L’arbuste et son pavillon de brique sur le chemin de l’école n’avait rien d’exceptionnel ! Cerné du haut béton des HLM et des résidences, il communiquait pourtant son incroyable idée de résistance et de joie politique à la rue des Envierges : « Prochainement ici… » Je ne sais plus qui est arrivé le premier, de la com’ proposant d’investir là (et aux Lilas ou à Sevran), ou de la pub, payé bonbon à l’agence des copains de l’élu, nous faisant injonction de la citoyenneté qu’ils s’acharnent à déraciner :
« Réinventez la ville ! Investissez-vous dans le budget participatif ! 10.000 euros pour rénover les balançoires de la crèche ou pour planter des géraniums solidaires dans la rue ? »
Sans doute l’architecte docile, le communicant vide, l’élu content de soi et son petit attaché science-po qui fait beaucoup de bruit avec son engagement dans toutes les causes à la mode utiles à son ascension dans la capitale, ont-ils trinqué à leur « boulot » dans un de leurs bars à l’uniforme prévisible, un peu écolo, un peu techno, un peu design, mais surtout tellement interchangeable d’un bout à l’autre de la planète. Sans doute avaient-ils en poche le bouquin (écrit par eux) pour la campagne d’Anne Hidalgo. Refaire Paris sur le mode de San Franciso…

Langlois-Mallet

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