La naïveté… A mes Ami-es Bisounours coincés entre la pandémie et l’histoire

Il n’y aura pas de jour d’après… (sauf si le jour d’après, c’est maintenant).

A ceux qui croient qu’il y aura un moment d’après… où l’on va tous se mettre gentiment autour d’une table pour faire le bilan des erreurs sanitaires d’un gouvernement qui aura conduit à une hécatombe parmi nous. Où l’on dira à la gentille presse « ô ce n’est pas bien, vous avez fait de la communication gouvernementale plus que votre travail en conscience. »

Ce n’est pas comme cela que marche la vie, le pouvoir. Vous avez-vu un bilan après la Guerre de 14 ? Tous les politiciens et de généraux qui avaient envoyé des millions d’autres au massacre en pantalon garance, où avez vous vu qu’ils aient eu autre chose que des décorations ?

Après 45, vous avez vu un retour sur les causes de la débâcle, un procès des responsables des années 30 qui ont laissé monter Hitler au pouvoir à Munich notamment ?

Vous n’êtes plus dans la normalité mais dans une série d’évènements hors cadre. La vie de Macron est celle d’un aventurier sans conscience ni limite dans les rouages du pouvoir, une fuite en avant… qui lui réussit. Il était coincé démocratiquement par le mouvement des Gilets-Jaunes, il s’en est sorti, par la stratégie du choc, en d’affranchissant du cadre démocratique, par la violence qu’à été sur les esprits l’incendie de Notre-Dame une heure avant son allocution impossible. Quelle « chance », quelles « opportunités disruptives » pour sa carrière que nos catastrophes !

Il sortira de la même façon de la pandémie et de leur criminelle impréparation des professionnels de la santé et de la population (pas de masque, pas de test, pas de stratégie de dépistage, pas de pare-feu pour les grappes de contaminations, pas de soin pour les malades, juste un accueil des mourants à l’hôpital pour être trié en fonction du nombre d’appareils de réa), avoir privilégié l’économie et les élections sur la santé publique… Par l’inflation. Il ne peut pas revenir en arrière et ne sait pas d’ailleurs. Le fait d’aller dans l’excès lui réussi et comme le fond de LREM est un projet de soumission, animé par des sadiques pour des soumis, il ira là où son énergie le porte, c’est à dire vers une concentration toujours plus grande des pouvoirs jusqu’à éclatement (interne, pas externe), vers un Etat d’urgence, vers une restriction des libertés pour vous punir d’être allé au parc le dimanche après que l’on vous ait envoyé voter.

Toute la stratégie de communication depuis, du gouvernement et de ses médias, repose sur le transfert de la faute. La victime est coupable. La population est coupable, « elle est irresponsable », « il faut l’enfermer » permet de faire oublier la vraie culpabilité, celle d’un gouvernement qui lui a dit que c’était un rhume des foins, qu’il fallait, comme un devoir républicain, vivre normalement « nous ne renoncerons pas…gnagna gnagna »

Nous allons donc nous manger la maladie, enfermés dans nos petits cluster familiaux à contaminer nos enfants si nous sommes porteurs et à nous méfier de nos voisins (voir à les dénoncer pour les plus « agiles » ou « disruptifs » d’entre-nous (cf. billet d’hier).

Après la culpabilisation, viendra donc la punition

Elle arrive déjà (pas de vacances scolaires, pas de congés, pas de ceci, de cela.. plus de surveillance.). Si vous attendez la grande lessive en famille où le débrif dans la PME qui a raté un évènement… C’est que vous regardez trop la télé.

L’histoire est chaude, si la vie démocratique est froide et se résout dans les urnes. De Gaulle arrive dans les chars Etats-Uniens, les communistes sortent des maquis avec des mitraillettes, il y a rapport de force : Laval est fusillé, Pétain jugé. Mais il sera impossible de revenir sur les causes et les responsabilités de la défaite, encore moins ses auteurs. La seule leçon, c’est celle que De Gaulle qui se trouvait des deux côté « en même temps » (il était au gouvernement de la défaite, mais en rupture avec lui) pourra tirer en créant la Ve et l’autonomie qui va avec (indépendance de la France, atomique* notamment, restauration de la monarchie sous forme présidentielle pour tirer la leçon que le parlementarisme, laissé au jeu des egos, menait systématiquement à des guerres sans responsables).

Nous sommes nous confronté à l’inverse. Au fait que la monarchie ne marche pas, ou du moins, qu’elle suppose une RESPONSABILITE (du fait d’êtres hors norme comme De Gaulle, ou du fait d’une logique collective patrimoniale et familiale, le pré carré des rois). Pire qu’elle devienne dangereuse dans les mains d’un gamin irresponsable doté des pleins pouvoirs hors de contrôle (expérience que la France avait déjà faite avec les Bonaparte, cela dit… mais bon, les français sont trop occupés avec les séries américaines et les crimes à Las Vegas pour réfléchir à leur démocratie et aux failles dans lesquelles elle les plonge cycliquement).

Il n’y a donc aucune FIN, surtout pas heureuse (c’est encore le petit écran qui vous fait ça ?) Il y a notre drame individuel dans l’histoire (comme cette mère de famille malade qui dit sa détresse hier sur les réseaux, d’être malade seule avec ses enfants… On peut faire quoi ? On peut dire quoi ? Même sa meilleure amie ne peut dire « je prends tes enfants avec les miens » sans être irresponsable à son tour.

Il existe une dureté. Une violence terrible même de la vie sociale, que tous nos ancêtres, d’où qu’ils soient, on payé un prix humain colossal, de morts et de souffrance sur des milliers d’années (avec beaucoup plus de joies aussi, j’en suis sûr, que nous ne connaitrons jamais, comme mon seul café de cette semaine avait une saveur particulière).

Eux, ont fait le choix de mourir très souvent pour obtenir de petites améliorations patientes d’une condition d’esclave, de soumission, ou d’injustice. Ils ont traversé, les violences, les guerres, les mauvaises récoltes, le vol et le viol des puissants et des bandits, les épidémies, (comme nous les bouchons du 15 août sous le Tunnel de Fourvière, les queues au supermarché, ou l’attente insupportable de l’installation d’une nouvelle box et d’une glace sur la plage de Pataya). Il en a fallu des siècles pour refonder le Droit par exemple, quand au temps des invasions barbares, un chef de guerre pouvait par simple caprice clouer un couple vivant dans un arbre, parce qu’il n’avait pas eu son plaisir de cuissage.

Notre vie en commun, comme celle de notre maison, si elle est pensée avec soucis, organisée en amont par le soin maternel et paternel, par des politiques responsables et des citoyens vigilants partageant une même inquiétude pour le futur, retourne immanquablement à cet état primitif, l’inconnu de l’insécurité industrielle et de l’effondrement du vivant en plus.

C’est cet équilibre qu’avait permis un temps, la politique issue du Conseil National de la Résistance entre Communisme et Gaullisme sous parapluie Etats-Unien. Ce monde n’est plus et nous laisse ses erreurs : un productivisme fou, un Etat tout puissant en roue libre, des montagnes de déchets que nous continuons d’accumuler comme les super-riches les fonds évadés aux îles Caïmans.

Dans notre système de divertissement général agonistique, où les politiciens nombrilistes n’existent pour nous que comme repoussoir et crachoir et nous n’existons pour eux que comme gibier de vote sur les marchés durant le temps des campagnes électorales, la sortie de route guette. La voilà.

Même l’opposition semble muette sur le désastre (à part Dupont-Aignan sur lequel par ailleurs on peut faire nombre de réserves, à commencer celle d’opposer les Français légitimes et ceux qui ne le seraient pas, comme si c’était possible ou responsable), en tout cas, je ne l’ai pas trop entendue. Prise au piège de la complicité tacite ? Ils ne pouvaient « culturellement » pas repousser les municipales, tout en nous disant « En Même temps » de rester à la maison. Ils ne peuvent pas tirer le bilan du désastre qui commence de peur de fracturer l’Unité Nationale de l’appel sous les drapeaux, ils craignent, ils calculent, ils savent que cela va être terrible, désastreux, déchirant et ils ont peur des réactions de panique imprévisible. Tétanisés.

Pour ma part, je ne connais rien d’autre que notre effort gratuit de « télétravail à domicile » pour utiliser notre temps à nous informer, à nous éveiller, à échanger, à réfléchir et à agir comme citoyens plutôt qu’à regarder la télé nous intoxiquer.

En ayant l’oeil ouvert à ceux qui, parfois, présentent des capacités de dynamiques collectives et de rassemblement plus large que leurs idées (c’était le cas selon moi, avec tous ces défauts (VIe République parlementaire et aventure romantique en tête) de la dernière campagne Mélenchon par exemple. Mais bon, les Castors pour éviter « le pire », ont su voter astucieusement pour le pire que nous connaissons. Je ne sais pas d’où viendra la prochaine qui pourra rassembler dans une lutte pour la survie écologique, les solidaires et les responsables, les humanistes et les réalistes. Là, honnêtement je n’en vois pas encore.

Là, nous sommes pris à chaud dans l’Histoire et enfermés dans nos maisons en lutte contre la maladie en nous pour qu’elle ne se déclare pas (c’est d’ailleurs idiot de vous écrire le dos à une fenêtre froide), ou que ses effets se limitent à ceux d’une grippe, en priant de ne pas se retrouver aux Urgences puisque ces grands malades mentaux au pouvoir ont décidé que nous ne devions pas être soignés avant la forme extrême de la respiration artificielle (et que nous savons très bien que là, cela se jouera à la roulette du prioritaire en âge, en situation familiale ou… sociale. On sait qu’un vieux politicien aura plus de points de vie qu’une caissière pauvre.

Donc oui, il faut être solidaire entre nous dans le malheur comme nous ne l’avons pas été dans le bonheur. L’Unité Nationale est là. Pas derrière l’un ou l’autre des généraux coupables du désastre. Nous avons non seulement raison de les critiquer, mais nous sommes fondés à les haïr : c’est eux-même qui nous y obligent. Nous devons « l’ouvrir » tant qu’il en est encore temps, et le plus fort possible. Que notre cri de justice et de raison monte et se fasse entendre dans la plainte de nos mourants.

C’est tout de suite qu’il faut être

C’est tout de suite qu’il faut être, comme nous sommes, car nous ne savons pas s’il y aura un demain et débarrassés de l’illusion qu’il n’y aurait un temps pour l’examen de conscience des pouvoirs ou la justice; maintenant avec les moyens dérisoires du bord, notre conscience et nos claviers (tant qu’internet n’est pas encore limité ?); mais c’est aussi aux yeux du monde, qui a la bonté d’écouter, encore et toujours ce qui se dit, en Français, depuis la France, pays où a si longtemps cuit le pain intellectuel dont toutes les libertés se sont nourries partout et qui semble aujourd’hui, comme en 40, être redevenu exemplaire par l’infamie. Puisse cette expérience là aussi servir.

Je ne reprocherais à personne de prier (quoique ceux qui ont fait un grand foyer de prière en Alsace et se retrouvent tous contaminés et contaminateurs doivent nourrir de drôles de pensées). Vous avez le droit de croire au super héros qui viendra. Moi en attendant, je ne vois que les héros du quotidien de l’hôpital (ou aux héroïnes des caisses de supermarché), confrontés à une guerre qu’ils ne voulaient ps, sans avoir été armés et qui se battent comme des fous pour sauver d’entre-nous le plus possible. Peut-être mourront t-ils de ce soin, d’avoir été ceux qui se responsabilisent entre le chaos des éléments et celui de politiciens… qu’ils seront peut-être même amené à sauver. C’est injuste. Mais comme disait je ne sais qui, la vie est injuste. Du moins si nous n’organisons pas la justice, si nous ne prévoyons pas, si nous ne nous responsabilisons pas.

A part compter sur eux et nous-mêmes ami-es Bisounours, je ne vois pas grand chose. A moins que vous ne vouliez essayer l’appel à un ami ? Attendre que Benoît Hamon avec les chars de son armée des bons sentiments, viennent vous délivrer ?

Mais bon…

Langlois-Mallet

* Demain, nous serons confronté à la problématique de l’atome (dont nous sommes dépendants mais dont on ne sait pas sortir). Si c’est à la manière douce, nous aurons les milliards d’un impossible démantèlement sur le dos. Si c’est à la manière dure, la pandémie nous apparaitrait comme un joyeux souvenir de vacances à la maison. Car il n’y aura pas plus d’équipements, mais plus de confinement possible.

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