Se tenir à distance… aussi des fièvres dénonciatrices

J’ai lu un témoignage de policier répondant qu’il y avait plus à craindre des délateurs que de la police… Ces derniers se précipitant au téléphone pour dénoncer… leurs voisins.

Même si l’on bout soi-même, moi le premier, car nous sommes et nous allons être soumis à un stress intense, nous avons le devoir de ne pas nous défouler dans une panique collective se cherchant des auteurs de son malheur dans la population. Attention aux effets de groupe qui amènent à n’importe quoi. C’est un grand classique des épidémies d’aller brûler celui dont on pense qu’il « a empoisonné » le puit.

Les mêmes qui il y a une semaine, pour être du côté de la majorité, moquaient les précautions, comme des actes de déviants. Qui il y a cinq jour allaient participer au regroupement des urnes. Ont besoin pour retrouver la chaleur du troupeau aujourd’hui de hurler un « restez chez-vous ! » de panique, assortis d’insultes, pour les nouveaux criminels qui ont fait un jogging au bout de cinq jours de confinement (ben oui, on n’attend pas les changements d’humeur de Macron, entre sorties au théâtre et menace d’enfermement pour se faire une opinion et prendre ses décisions).

Pour rappel, on doit participer activement au freinage de la transmission.

Donc éviter de s’approcher des autres; il n’est pas interdit de faire un peu d’exercice, pourvu que ce soit de son côté ou avec une personne du foyer. Limiter ses sorties est un geste de civisme en ville, simplement pour que les autres puissent le faire aussi dans un espace dégagé. Limiter nos déplacements, c’est utile aussi pour limiter les impacts viraux sur les poignées de portes, les boutons, l’espace public…

Il n’y a pas à fantasmer une barrière qui sépare les bons enfermés et les méchants qui font leurs courses. Ce sont les mêmes pris à différents moments de leur réfrigérateur (il est déconseillé de ne manger que des pâtes et du riz sans sport d’ailleurs).

Vous avez mesuré amis Castors l’efficacité toute relative de considérer la politique, non comme un effort collectif difficile vers le mieux, mais comme un loisir social individuel consistant à faire barrage sur ordre (au mal, au retour du pire de notre histoire, etc) un dimanche une fois tous les cinq ans.

Vous avez à juste titre opiné contre les partis qui cherchent des « boucs-émissaires ». C’est donc le moment de mettre en pratique. N’en cherchez pas chez vos voisins. Il y a assez à faire à remettre en question notre organisation économique, sociale et politique qui amène à injecter des milliards dans les banques et à ne pas offrir de matériel aux urgentistes ou à choisir systématiquement comme dirigeants ceux qui ont le moins d’empathie et le plus de narcissisme, le maximum d’arrivisme et le minimum de sens des responsabilités.

Il restera ensuite toujours des gens très imprudents. Ils sont plus à plaindre qu’à fantasmer en responsables de nos malheurs… mais surtout, ils sont à éviter !

Langlois-Mallet

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