France. Pandémie. Bon les Ami-es, la météo ?

Quel que soit sa violence, ce grand replis n’est qu’une répétition. Devant un ennemi invisible, c’est moralement qu’il faut s’armer face à soi-même.

Sur le fond… J’espère que vous ne tombez pas de cheval. Tous les écolos l’ont dit depuis cinquante ans. Tous les scientifiques depuis dix ans. Donc, si des choses nous secouent (moi le premier), elles doivent entrer dans un plan mental global, pour ne pas perdre l’esprit ou céder à la peur (je suis à fond pour l’inquiétude en revanche qui est salutaire).

Donc soyez soucieux, mais lucides. Quoique nous en bavions à titre personnel, quelle que soit notre peine ou notre souffrance, même notre adieu à l’aventure; pour le collectif, ce n’est qu’une répétition. Après on attaque la canicule etc. La société de consommation c’est super, remplir son caddy marrant, mais là, on passe collectivement et individuellement à la caisse. L’espèce humaine a disons… « merdé » très gravement et l’effondrement de son château de carte du profit mondialisé, nous fait repartir très loin en arrière, sur les bases qu’ont connu nos lointains, lointains, ancêtres… Se poser la question de la survie.
Et puis ce coup-là, ça s’arrangera, on retournera au cinéma et dans les cafés, dans les supermarchés et les avions pour « une vie normale »… Avant le choc suivant. Et rebelote.

Comme nos grand-parents et avant nos enfants

Avec la pandémie de coronavirus, nous allons visiblement vivre la semaine prochaine quelque chose comme nos grands-parents (je pense si fort à eux !) : l’effondrement, à l’époque de la France et de sa conscience impériale de première armée du monde, devant les panzers nazis, en quelques jours. Cet été, bien inspiré, j’avais lu le journal de ma grand-mère dans la débâcle (elle implore tous les saints de sauver la France… Et puis elle continue, reprise par la puissance de la vie quotidienne).
Un choc moral collectif, une perte de repères qui donne à faire n’importe quoi, comme de se raccrocher au premier père qui passe : Pétain pour la plupart, De Gaulle pour très peu (c’est d’ailleurs le dernier film que j’ai vu avant le grand replis, je vous avais préparé une petite chronique), voir prendre le maquis pour les esprits forts. Là, l’ennemi étant très abstrait… C’est moralement qu’il faut s’armer face à soi-même.

A titre personnel, on ne sait pas ce qui nous attend. J’écris ce post en pensant que, moi-même peut-être, je ne serais plus en état de le commenter. Je pense à ma première amie FB malade (ce serait sympa Cécile de bien te battre et de te rétablir pour lancer un signe positif au moral de tous).

On a le droit de perdre un peu la tête (pas trop j’espère si vous avez charge d’âmes, car la perte de votre boussole s’augmente ensuite de celle des autres). Mais restons sincère, ça va secouer et ce n’est pas la peine de jouer les héros de glace, même avec les enfants, il faut être humain avant d’être fort je crois. Plutôt le moment de resserrer les liens avec son équipe; quand il y avait des tensions en cours, le moment de les mettre entre parenthèse. C’est cela la vraie unité nationale.

Mais à titre collectif, il ne faut pas faire n’importe quoi. Parce que l’augmentation des maux est encore pire quand elle s’amplifie politiquement, ici pensez au Vichysme, au réflexe de peur qui ajoute à la défaite l’indignité, donc la destruction morale. L’heure ne sera pas à l’affrontement politique, mais pas non plus à la capitulation ou aux prières devant n’importe quoi.

A mon avis, la bataille se déplace, mais elle reste la même face aux égoïsmes de l’argent fou (il est lui-même déboussolé, mais cherchera aussi, dans une pulsion autoritaire qui n’est qu’une tentative de confiscation, à en tirer parti contre le collectif). La bataille n’est plus face à face pour la vie et l’équilibre des ressources, mais côte à côte face à la mort. Ce n’est pas une raison pour que les généraux qui ont refusé de nous préparer, refusent aujourd’hui de nous équiper.

Soyons actifs et solidaires mais lucides. Exigeons des masques, des lits d’hôpital, de bonnes protections d’abord pour ceux qui soignent pour ne pas placer l’effondrement au coeur de sa solution. L’argent doit soutenir les entreprises, mais surtout et d’abord les gens fragiles. Les grands discours des politiques pro-business sur le « capitalisme qu’il faut réformer », je les ai déjà entendu de Sarkozy et des autres au moment du crac boursier de 2008. Ils oublieront les mots quand la peur se calmera (et l’opinion publique aussi). Attention qu’ils ne sauvent pas à nouveau les banques au détriment de nos vies !

Prenez soin des vôtres (ce que je vais faire aussi en arrêtant de blablater) c’est le coeur de la vie, et pour nous tous gardez la tête !

Langlois-Mallet

NB : Rappel à ceux qui font les courses que les valeurs nutritives du papier hygiénique restent très faibles…

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