Despentes. J’ai raté les années 80 (et désire les rater encore).

J’aimerais bien avoir vu la vierge dans Virginie Despentes comme tout le monde et me faire ma petite image de gendre idéal sur les réseaux sociaux. Et bien je n’y arrive pas.

Pourtant sur le fond du fond, femmes contre vieux mâles dominants blancs, ce n’est pas difficile de choisir : j’aime trop les femmes et pas du tout les dominants. Je ne domine rien du tout, à peine ma pensée et mon écriture (et moi-même trop aléatoirement pour ma plus grande blessure d’amour propre). Quand papa dit qu’il « va prendre la grosse voix » cela fait sourire tout le monde (mais on fait ce qu’il dit parce qu’il est attachant et qu’il a souvent raison).

Avant même le match, je choisirais les féministes. Mais dès qu’elles montent sur le ring, je m’endors et regrette d’avoir payé mon billet. D’ailleurs, je n’aime pas la boxe.

Les écrits post beuverie ou overdose me tombent des mains. J’ai toujours essayé, j’ai acheté les bouquins de Despentes parce que le thème me plaisait, mais jamais je n’ai jamais pu dépasser la page 7. Un peu comme l’impression de recevoir un rot Kro-camenbert au petit déjeuner.

Je sais bien à quoi c’est dû. J’ai raté les années 80. Je n’ai jamais été génération Mitterrand; je n’aime pas le rock; pas Balavoine; pas les concerts de Touche pas à mon pote; pas la drogue; pas le trash; pas Sid Vicious; pas les Santiags; les USA n’ont jamais été pour moi une terre promise; j’ai toujours détesté les cigarettes (et, blasphème, elles m’ont toujours paru un symbole d’aliénation et pas de libération); je ne crois pas à un monde, sur lequel plane l’ombre du FN, peuplé de gentils lecteurs de Libé (que je ne lis pas et que je demanderais au marchant d’emballer dans un journal de cul si j’étais obligé de l’acheter) etc.

En fait, je ne suis pas du tout de ma génération qui m’a toujours fait bailler d’ennui.

J’aime à imaginer un monde où les femmes, galantes ou roturières, n’ont pas froid aux joues dès qu’il s’agit du jeu amoureux; où leurs désirs sont respectés par pur plaisir de faire plaisir; et où le simple charme naturel dispense des rapports de force. Là, les réalisateurs ne violent pas les petites filles qui grandes ne jouent pas au cow-boy, crachant la chique une main sur le colt, en sortant du saloon !

Je sais que l’Abbaye de Thélème n’existe que pour ceux qui veulent y croire; mais c’est sans doute pour cela qu’on y vit si bien !

Bref, je vous salue d’un autre siècle !

Langlois-Mallet

2 Comments

  1. Globalement d’accord avec vous sur l’ensemble du texte (les années 80, quelle purge !), mais je ferais pourtant grâce à Despentes pour son King-Kong Théorie, qui a ouvert à quelques jeunes femmes des pistes de réflexion sur leur condition…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s