Cinéma. Les culottes et la justice

N’ayant pas l’oeil dans la culotte de Polanski, je ne me mettrais pas à la place de la justice pour lécher et lyncher sur les réseaux sociaux. Je trouverais en revanche bien normal qu’il soit jugé et qu’il n’y ait pas d’impunité en fonction de la puissance, à plus forte raison, oui, d’un homme. Un jugement rendrait justice aux victimes s’il y a lieu et résoudrait la question de la personne privée du cinéaste; elle n’épuiserait pas celle de l’oeuvre évidemment. Car bien sur, oui, des salauds peuvent avoir par ailleurs du génie. C’est même le cas plus souvent qu’à leur tour…

S’agissant du microcosme culturel parisien et de ses petites crises de nerfs parce que le « film lesbien » (sic) veut sa statuette phallique et que le cinéma de papa se la garde pour ses vieux mâles dominants… Que dire ? Qu’ils sont tous lassants et à côté de l’essentiel.
Que le monde brûle, que la société française brûle et qu’ils n’ont de mobilisation QUE sur un mode des fonds de culotte, à nous épuiser à « démêler le tient du mien » entre ce qui est consentement, connivence tacite, violence sexuelle ou promotion canapé dans le jeu, caché par définition et trouble de tout temps, encore plus entre réalisateurs et actrices.

Les choses que je sais objectivement, c’est que le film primé, L’affaire Dreyfus, est non seulement excellent, mais surtout universel. J’en ai repris deux fois pour les besoins pédagogiques de la jeunesse, en revanche que je ne me suis pas déplacé pour le film saphique, sans doute de qualité lui aussi. Mais la survente me fatigue, et je n’y aurait pas emmenés des ados déjà surexposés à la confusion et au placement de produit homo à tout propos.

Que l’on nous dise d’un côté que l’homosexualité n’est pas un choix (bien), mais alors pourquoi nous faire rentrer dans la tête au marteau-piqueur médiatique qu’il faut à chaque instant être en situation d’arbitrage et de faux parallèle ? Cela provoque l’inverse, le désintérêt de questions qui ne sont pas essentielles, mais relèvent de la liberté de ceux qui, par choix ou non, se sentent concernés, doivent être respecté mais pas non plus monté en modèle.

A l’inverse que la question de la justice face à l’opinion publique que soulève l’affaire Dreyfus (et Polanski de façon intentionnelle en forme de plaidoyer pro-domo) reste essentielle et universelle. Soulever les bonnes questions, ne pas aller dans le sens du vent… voilà qui me semble justifier la préférence du spectateur comme du jury.

Pour finir, je trouve Fanny Ardant élégante d’aller affronter les crachats pour son copain… Même si le copain est un salaud.

Langlois-Mallet

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