Griveaux. Amoralité ou moralisme ?

Donc le hacker russe qui a balancé la bibite à son Griveaux le justifie par l’hypocrisie du candidat des valeurs familiales. Bien. Sur un mauvais prétexte, on échappe à un gros salaud. Tant mieux. Cпасибо товарищ !

L’ancien DSK-boy, tombe donc comme son mentor (notez au passage que l’on est passé d’un viol, à un selfie d’une pauvre couillette…). On ne va ni regretter le candidat corrompu du lobby du béton, ni se réjouir de cette manière de défaire la politique par la culotte. Griveaux sans la photo de sa bite était-il moins dangereux ? Donc le même, plus calculateur de chacun de ses instants intime en vue de sa carrière aurait fait l’affaire ?

Rappelez-vous aussi. Echapper à DSK ne nous a pas empêché d’avoir au final Hollande. Voir éliminer Fillon, enseveli sous son ridicule tas de mensonges et de petites corruptions, devenu une montagne de LOL, a barré la route à certains projet d’indépendance de la France qu’il portait aussi (il faut savoir reconnaitre même ses adversaires) et pavé celle vers le succès de Macron avec les conséquences que l’on sait. Plus grave, Assange jadis héros et « homme de l’année » a été abandonné par tous suite à une accusation de viol. Il ne retrouve, mourant, un peu de soutien, que maintenant que le montage est prouvé… C’est cela la morale que vous voulez ?

Plus l’époque médiatique semble ne vouloir que le héros parfait, plus elle est docile aux salauds hors normes. Longtemps en France, on se faisait un honneur de séparer la vie privée et la vie publique. Les gens étaient ce qu’ils étaient (et s’ils sortaient des clous, c’était à la justice de le dire), importait seul ce qu’ils faisaient publiquement. On riait beaucoup des Etats-Uniens et de ces présidents lubriques obligés de se cacher pour montrer leur bitte à une stagiaire un peu salope sous peine d’impeachment. Et puis nous avons adopté les moeurs américaines…

Rappelons, même si c’est un peu vexant (pour moi, pour toi) pour l’image idéalisée que nous avons de nous-même (qui faisons de la philo, de la politique, qui avons des grands sentiments, qui sommes fier de nous-même etc..), que se la montrer mutuellement, se la toucher, se la lécher et se l’emboiter si les circonstances s’y prêtent, reste un besoin fondamental de l’être humain. C’est très con, je sais. Mais le nier est en général le début de problème et la porte d’entrée des perversions.

On va plus loin ? Assange aurait-il été violeur, qu’il n’en aurait pas moins été héroïque dans son sacrifice pour l’information. Comme la plupart des gens ayant une rue à leur nom (avant l’invention d’internet, des selfies et de la vie privée-publique). Parce qu’il n’y a pas deux cases, l’une ou l’on déifie comme une rock-star et l’autre ou l’on excommunie comme un chien galeux. Il y a une multitude de nuances sur le chemin du crime comme sur la route de la sainteté.

Apprenons à regarder les gens publics pour ce qu’ils sont. Non des dieux de l’Olympe que l’on jouis de voir précipiter parfois au Tartare; mais des humains. Ces êtres qui non seulement peuvent créer de la musique et faire caca. Mais qui, même quand ils composent un opéra, vont aux toilettes de temps en temps. Apprenons à être exigeants sur ce qui nous concerne : la chose publique. Et laissons-les se démerder avec leur vie privée qui doit déjà être particulièrement compliquée dans ce genre de circonstance. Griveaux a beau être un petit salaud, aucun enfant ne mérite ce que les siens vont prendre dans la cours de récré.

Inquiétons-nous de l’état mental en revanche d’une société parisienne bien malade qui s’apprêtait à élire au fauteuil de maire sans être capable de se poser de question un homme qui émargeait chez Unibail alors même qu’il travaillait pour l’Etat. Je cite Juan Branco :

« Benjamin Griveaux, lorsqu’il était conseiller ministériel, touchait plus de 10 000 euros par mois au cabinet de la « socialiste » Marisol Touraine pour du « conseil politique ». Cela ne suffisant pas, il partît vendre son « influence » à Unibail (« influence », terme que l’élite utilise pour « corruption ») pour 17 000 euros par mois. Sa mission? « S’assurer que personne au ministère des finances ne propose d’abolir une niche fiscale favorable à l’entreprise. » Ses moyens ? Les réseaux que l’Etat lui avait confié. »

Pour ma part, je ne sais pas ce qui doit vous alarmer le plus, que ce niveau de corruption soit admis à Paris par l’indifférence générale ou le fait que le même individu tombe pour une banale image de cul domestique. Qu’est-ce qui est le pire de l’amoralité du moralisme ?

Langlois-Mallet

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