France. Optimisme ! (bis)

Je vous confirme tout à fait en février l’impression de janvier. Nous sommes sur la bonne voie ! Nous allons gagner !

Pas que j’ai des infos off sur le destin de la « réforme » des retraites, puisque nous sommes dans un pays où un gamin capricieux élu par accident démocratique peut seul décider – même en se passant du troupeau de chèvres qui lui tient lieu de groupe parlementaire – de faire passer une loi qui engage l’avenir de toute la population et contre son cri quasiment unanime même* !

Notre obstination bloquerait même cette destruction précise, que ce ne serait pas un indice suffisant sur notre capacité de renverser une situation globale. Les signes qu’il faut chercher à capter, sont notre capacité d’éveil collectif, de réveil, de révolte, de prise de conscience de la somme des dangers et de mise en mouvement et son élargissement à toute la société.

Que les salariés des services publics soient capables de courage, d’abnégation et de conflictualité, c’est positif pour tous. Mais, comme dit ici en décembre, la grève par procuration c’est fini. Nous ne sommes plus en 95.

La mobilisation des milieux populaires reste forte, des poubelles dans nos rues aux ports bloqués… On a vu en janvier le relais pris par les médecins, les avocats, des professions passant plutôt pour des clientèles du pouvoir. Même les cadres sup et le Medef renâclent maintenant parait-il. Aujourd’hui, ce sont les lycéens, demain les facs, puis le gros des profs perturbés dans l’ébranlement de leur conformisme confortable : « on nous aurait menti… ? » Le castor est parfois dur de la feuille…

Mais désormais, les coups pleuvent aussi d’en-haut sur le pouvoir Macronnien :

– Aux coups de règle sur les doigts pour incompétence, amateurisme du conseil d’Etat rejoignent l’indignation des parlementaires de toutes tendances envers un projet bâclé, non financé, se faisant sur le dos des femmes, l’étude d’impact falsifiée, faisant apparaitre cette réforme pour ce qu’elle est vraiment : une simple suppression des retraites, un accaparement des caisses bénéficiaires et un cadeau fait à Black-Rock.

Un réveil des parlements, mêlant ceux qui sont contre la réforme et ceux qui voudraient la mener eux-mêmes, qui n’est pas anecdotique. Elle nous laisse entrevoir ce que pourrait être (ce que devrait être !) une vie parlementaire saine. Un vrai contrôle de l’exécutif, un vrai relais des aspirations citoyennes. Bref, le contraire de la noble fonction de parlementaire réduite à une « majorité présidentielle » à plus forte raison composée de Playmobiles, marionnettes du manager qui les a embauché, votant leur propre caricature cette semaine dans l’affaire ignominieuse des décès d’enfants « trop faciles » (selon l’expression d’une infirmière-député). Où et assez vous vomir ?

La décomposition de ce groupe LREM – une quinzaine de démissions, quatre ou cinq depuis le début de l’année – est d’ailleurs un fait majeur. Un tiers, plus d’une centaine de députés, ont disparu corps et bien et ne mettent plus les pieds au Palais Bourbon… Les autres se répartissent entre un tiers de radicalisés (comme ces anciens DRH reconvertis, du « dégraissage » d’entreprise à l’équipe de destruction des retraites) et l’autre tiers de démoralisés. Le moral sapé, à moitié par la lutte de leur conscience contre leur fichu instinct d’obéissance, à moitié par le travail d’usure au quotidien des gilets-jaunes et de toutes celles et ceux qui, sur les tractages de marchés, les rappellent à leur honte à chaque occasion.

Des municipales qui s’annoncent comme une Bérézina pour les macronnistes qui en sont réduit à cacher toutes étiquette de leur parti pour piéger l’électeur non informé ou à compter sur les coups foireux de leur ministre de l’Intérieur pour masquer les résultats dans des projets de comptages partiels; eux aussi retoqués par la juridiction administrative…

L’excellente charge conceptuelle de Todd, renverse la légitimité intellectuelle en montrant comment l’intelligence a gagné la base de la société alors que les crétins conformistes se cooptent et se tiennent chaud en haut des pyramides sociales (corroborant ainsi d’autres études sur la crétinisation des élites).
Montrant aussi que loin d’être libéral, le macronnisme est plutôt étatique; l’idéologie des rejetons pourris gâtés du colbertisme, simplement corrompus par leurs aller-retour avec la banque, s’étant habitués à dealer les parts « rentables » de l’Etat au intérêts privés et à considérer toutes ses responsabilités vis à vis de la société comme des « externalités négatives » : enfance, vieillesse, handicap, pauvreté, protection de la nature… En un mot, la corruption.

Bref, le pilonnage continue et nous serons nombreux à penser de plus en plus aux projets positifs de demain, non seulement tenez bon, mais renforcez la charge. Nous les aurons !

Langlois-Mallet

* A ce propos, ma principale inquiétude dans ce pays excessif qui ne fonctionne qu’à coup de balancier, serait que l’on bascule par rejet demain, dans un système parlementaire en oubliant ce qu’il amène de danger et de guerres. Il nous faut un équilibre en tension, entre un chef de l’Etat qui décide pour son domaine de la politique étrangère, mais laisse la vie sociale du pays au parlement.

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