Brexit. Glorieux et honorable compromis

Quand le Brexit nous parle de la crise française… Et du moyen d’en sortir. Comme nous, le peuple anglais à butté lors d’un référendum européen sur sa classe dirigeante. Mais à la différence de nous, il s’est trouvé une élite politique pour piloter le compromis d’une nouvelle aventure. God save the Queen…
Profitez-en bien ! Ce n’est pas tous les jours que vous me verrez saluer Albion la perfide, encore moins la pavoiser, mais là… je leur tire mon béret !
En bon Toddien, mon admiration va surtout au fait que les Anglais, avant d’avoir pris une décision vis à vis des Européens, ont trouvé une solution vis à vis d’eux-mêmes (on arrive parfois à quelque chose avec les autres, mais avec soi, c’est bien plus difficile).

Comme nous, le peuple anglais à butté lors d’un référendum sur sa classe dirigeante. Nous sommes encore enlisés par elle dans ce « refus de notre refus » , celui du NON en 2005, et lancés dans une guerre teigneuse autant que bloquée peuple v/s classe dirigeante. Les uns détruisant et s’accaparant tout ce qu’ils peuvent avant liquidation, les autres en rage impuissante, rêvant de ressortir la guillotine… Chez-nous, il semble que le conflit ne puisse trouver d’issue que dans la débauche de violence en gestation. On sait qui a tiré le premier, mais on ne sait pas encore qui tuera… Voilà l’étrange démocratie française.

Chez-eux le conflit a fait place à des épreuves à affronter en commun. Les Anglais (je dis les Anglais et non les Britanniques, parce que les Ecossais ne l’entendent pas de la même oreille), ont trouvé une autre voie, singulière. Mis au pied du mur d’une volonté populiste (comme ils disent) de ramener le pouvoir de décision à la maison, l’élite (et dans le cas de Boris Johnson, l’élite de l’élite) a retouvé une légitimité en intégrant la volonté populaire. Ils prennent acte, et partent à la tête de ce nouveau rêve, conservant le pouvoir et la confiance du peuple.

Frexit ?

Vous ne pensez peut-être pas comme moi, qu’il vaudrait mieux retrouver nous aussi notre indépendance; que quand on s’apprête à vivre les décennies de la survie, être libre de choisir ensemble nos mouvements, devient la première condition de la survie, et que cela est bien préférable à avoir une main dans le porte-monnaie de Merkel et l’autre attachée par la technostructure bruxelloise ?
Songez-vous bien qu’un pays qui n’a pas la main sur sa monnaie, ne décide pas de sa politique économique (comme vous le voyez avec les retraites de Macron ne fait qu’appliquer les « recommandations »); qu’il ne choisi pas la plupart de ses lois qui ne sont que des transpositions du droit européen, que ce n’est pas seulement un Etat qui renonce à sa souveraineté, c’est à dire à son rôle dans l’histoire; mais d’abord un peuple qui renonce à la démocratie, comme nous depuis Sarkozy ?

Vous voulez tout de même croire en l’UE et en l’Euro ? Vous vous dites aussi que notre destin est continental et que nous n’avons pas les Etats-Unis comme partenaire. Vous oubliez la vocation universelle de la France, les mers, sa présence sur cinq continents, l’Afrique et le Maghreb, la francophonie, l’espace latin et méditerranéen, l’alliance Russe…  Vous avez aussi une occasion de vous réjouir car les Anglais ont toujours été un frein à main mis en travers des projets collectifs. L’Union sans eux se donne une chance. Petit coup de pouce, leur langue, celle de l’Empire, ne sera plus majoritaire et on renforcera peut-être même notre auld alliance avec nos frangins Ecossais.

Vous ferez le tri des raisons bonnes ou mauvaises, sérieuses ou non, mais retenez l’essentiel. Il faudra à un moment parvenir à une synthèse des aspirations populaires et d’une élite capable de piloter le navire. L’exemple anglais nous dit que l’on peut, avec un peu d’intelligence, réaliser par un honorable compromis cette union avec soi-même et s’économiser une guerre civile. Il suffit d’avoir une classe dirigeante qui, au lieu de la matraquer, de l’éborgner, de l’humilier et de l’appauvrir, se propose de prendre à son compte la volonté du peuple souverain.

Une seule chose me chiffonne pourtant. Dopés par l’indépendance retrouvée, le XV à la Rose aura dimanche à coeur de la fêter dans le crunch face à des coqs divisés et dépressifs…

Langlois-Mallet

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