Gilets-Jaunes / Gilets-Verts. Echos de différents débats avec des amis écolos

Je me suis fait -donc je vous ai fait- une petite compile de mes papiers Gilets-Jaunes car ils se perdent très vite dans le système Facebook au milieu des échanges de liens… En espérant que vous y trouviez votre miel*.

Gilets-Jaunes. Retour et risques de la politique ?

A mon avis vous devriez arrêter avec les mots droite et gauche pour qualifier les Gilets Jaunes ou le peuple plus largement (la variante, le mot « confusion » pour parler des revendications quand ne rentre pas dans les cases). De même avec « pouvoir d’achat » quand on parle de reste à vivre ou de survie.

Si les gens se reconnaissaient dans ces cadres, ils voteraient massivement et tout serait comme avant : les débats auraient lieu au parlement.

Cela fait des années que devant la bunkerisation des pouvoirs. Il s’est constitué une opinion majoritaire dans le rejet du consensus opéré par les élites de droite et de gauche.

Au delà de 3000 euros par mois, que l’on soit de droite ou de gauche, il y a convergence tacite vers « la seule politique possible et un consensus sur le côté inéluctable de la globalisation : « there’s is no alternative» sert de projet de société à tous ceux qui estime leur vie finalement satisfaisante. On peut avoir des sensibilités (une inquiétude écolo même) mais avec une qualité de vie, elles restent comme « extérieures », des opinions virtuelles.

Le verrouillage électoral et institutionnel de cette iniquité étant encadré par un verrouillage du débat par des insultes de racisme social ou de distinction culturelle (sans-dents, gaulois réfractaires, ceux qui ne sont rien, beaufs de Cabu ou Deschiens…) ou au nom d’une morale limitée aux questions de mœurs : indifférence totale dans les actes (à la pauvreté des autres ou à sa responsabilité d’élu ou d’élite), surexcitation à proportion dans l’excommunication contre des propos, réels ou supposés, pour (populiste, homophobe, sexiste, fasciste, nazi etc…).

En-dessous de 3000 € à deux, ce consensus économique et politique ne tient pas et le vernis d’humanisme qui l’encadre se craquelle, aux risque d’emporter avec l’hypocrisie de vraies valeurs usées de trop d’instrumentation. Le débat étant aussi interdit que l’accès aux élections, la conscience politique se constitue ailleurs, autour d’autres représentations et d’autres clivages. Que l’extrême-droite ait une longueur d’avance du fait de sa mise à l’écart (qui permet une identification), c’est certain. La France Insoumise aussi est en position de dialogue. Mais je pense plutôt qu’autre chose émerge qui n’entrera pas dans les grilles. Le brouillage même des grilles de ces partis le montre.

Tout ne sera pas à notre goût, il y aura tension, conflit même surtout autour de question liées à la nationalité ou à l’immigration, mais du moins peut-on espérer d’une brèche dans la chape de plomb ultra-liberale et technocratique, un retour du débat, un rapatriement de la décision dans le réel, bref un retour de la politique.

Espérons qu’entre le durcissement des pouvoirs dans la répression et la manipulation du recours à l’extreme-droite, l’expansion de la révolte par définition ouverte aux quatre-vents, qu’entre les méprisants et la colère, s’ouvriront des espaces de vraie démocratie pour associer, à la place d’élites complices et incapables, à la fois le comment bien vivre à l’état de guerre environnementale.

Langlois-Mallet

Gilets-Jaunes : Aux Champs-Elysées, palapalapa…

Vous avez aimé vous ce Barnum ? Et bien vous n’êtes pas difficiles…

La mécanique médiatique m’a semblé tellement huilée… Dès le matin (pour vous dire de rester chez-vous que tout est fini avant d’avoir commencé), le scénario idéal pour Macron, rêvé et planifié par Castaner.

On laisse les manifestants sur les champs. On les laisse déborder, venir dans l’entonnoir. Et puis on sort l’artillerie, les canons à eau et le mano à mano médiatique avec Mme Le Pen d’accusations mutuelles qui sont autant de légitimations réciproques, sur fond de palettes brûlées. BFM TV fera le reste…

Le message est simple et clair : « restez chez-vous, l’extrême-droite tient le pavé », traduction en geste de l’habituelle excommunication : « vous êtes contre la politique unique ? Vous faites le jeu des extrêmes ? »

Je ne disqualifie pas la colère. Je ne crois pas au mythe de la « violence des manifestants. » Les outils dépendent juste des moyens.

Vous êtes seul ? Bloggez. Vous êtes 100, montez une assos. Vous êtes 10 000 ? Montez un parti. Vous êtes 100 000 ? Montez une manif pacifique. Vous êtes 2 millions dans la rue ? Faites ce que vous voulez, cassez tout si ça vous chante. Allez à l’Elysée si ça vous chante, tout est légitime.

Mais faire de l’affrontement avec les CRS à 2000, c’est peut-être se faire plaisir (tous ceux qui ont participé à des cortèges de tête vous le diront, on gagne dix ou vingt ans), mais c’est du spectacle.

Et là aussi, ils sont plus forts que vous. Il s’agit encore, toujours, que c’en est lassant de faire en sorte que 80% des Francais-es n’aient pas le choix. C’est l’extreme-libéralisme, soit c’est l’extrême-droite. Comment ? Tu n’acceptes pas la destruction générale ? Mais alors, tu es pour le retour du pire de notre histoire ? Etc…

Je ne suis même pas hostile au symbole esthétique d’une barricade à Paris, sur les Champs. Ça vous a un petit côté de « Choose France » à l’international qui ne manque pas de piment pour la « start-up nation… »

Mais pour changer le rapport de Force, je regarde plutôt du côté des péages ouverts, des fraternisations de Montpellier avec la marche des Droits des Femmes, des manifestations pacifiques, de la cohésion.

Langlois-Mallet

Gilets-jaunes v/s Macron. Quel vent soufflez-vous ?

Faites attention avec vos stigmatisations. Traiter tous les gilets-jaunes de Deschiens, de beaufs de Cabu et les amalgamer à ceux qui sont d’extrême-droite me parait la pire erreur du moment.

C’est exactement le projet tactique que Macron a annoncé : « jouer moi contre Le Pen. » c’est à dire faire en sorte que 80% des gens n’aient pas le choix que de soutenir qui les détruit ou qui les détruira.

En fait c’est vieux comme Mitterrand :

1- Se faire élire par le peuple de gauche, puis le trahir pour la finance. Et ensuite le faire passer pour un Deschiens (con, raciste, homophobe, sexiste…) repérez au passage comment toutes les questions de société sont instrumentées pour que les vraies questions de la liberté politique et du partage économique soient escamotées (Facebook est plein de ces désinvoltes).

2- Laisser le peuple en tête à tête avec l’extrême-droite qui lui dit : « vous voyez, vous êtes comme nous des parias » jusqu’à ce que la colère fasse qu’ils votent FN pour faire hurler ceux dont les politiques d’accaparement les font souffrir, qui nient leur citoyenneté et qui les écrasent de mépris social en prime.

3- jouer ensuite le rassemblement des humanistes (qui restent la majorité du pays) et qui n’ont pas le choix que de soutenir une barbarie contre une autre. Le profit cynique, le ruissellement de la pollution, la confiscation démocratique etc. Pour contrer le retour des fantômes de l’histoire.

Comment vous y prenez-vous pour sortir du piège ?

Réfléchissez si vous souhaitez participer à la lutte ou à la défaite. Donner encore plus d’ampleur aux médias dominants en relayant les vidéo infâmes de gilets-jaunes fachos sur certains territoires ou celles qui montrent la beauté d’autres gilets-jaunes dans l’émancipation et l’autogestion politique.

Tout existe. Tout est vrai. Quelle est la part des choses, celle de l’image virtuelle et celle du réel ? Quelle part faites-vous votre ?

Lesquelles de vos justes émotions sont utilisées et au profit de qui ? Quel est le vent dominant qui souffle d’en-haut et a t-il besoin de votre petite brise en plus ou au contraire doit-elle nourrir les bonnes braises ?

Langlois-Mallet

Gilet-jaunes V/S Macron : l’instant thatchérien

Concentrons nous sur l’épreuve de force inouïe qui est en train de se jouer entre le lobbyste devenu président équipé de toutes les armes des pouvoirs et la marée populaire (je passe sur ces écolos à la vue basse et toute cette désinformation que les médias officiels font pleuvoir pour discréditer ce mouvement*)

Depuis 1995 le peuple a toujours perdu. Je dirais plus exactement depuis le référendum volé; les pouvoirs d’argent sont en roue libre et jouent à fond le pillage de l’argent public, la dégradation du bien commun et la mise en précarité des gens.

Toutes les vieilles formes de révoltes (syndicats, grèves et cortèges etc). comme les nouvelles (ZAD, Nuits Debout…) ont échoué à rallier une majorité. Elles n’ont pas convaincu une majorité, dans leur forme ou leur intention.

Pour les gilets-jaunes, la sympathie dans l’opinion est énorme. D’où l’enjeu. Soit le mouvement réveille l’énergie des précédents et les rencontre et nous serons devant une situation historique, probablement plus forte que celle de 68 car cernée et dramatisée cette fois par les enjeux vitaux (tour de clef des pouvoirs économiques sur les démocratie, effondrement écologique, évasion massive des capitaux, précarisation accélérée de masse, dégradation de services publics vitaux…).

Soit ce sera une tentative de plus de la société civile de relever la tête face aux pouvoirs, donnant lieu à une répression isolée de plus. L’émiettement des révoltes permettant seule de les circonscrire. Alors Macron, tel César jouant sur les divisions, mais surtout nouveau Thatcher, aurait triomphé des irréductibles Gaulois rétifs aux « réformes », entendre à la mise à genoux et à l’esclavage.

Samedi sera une journée très importante avec ce rendez-vous à Paris des gilets-jaunes, mais le décisif viendra des groupes de forces (travailleurs, syndicats, lycéens, Fonction Publique, étudiants ou autres) qui décideront que, gilets-jaunes ou pas, c’est LE moment de se mettre en mouvement; peut-être la dernière occasion avant liquidation totale.

Langlois-Mallet

* D’où la mise en épingle de tous les faits à charge. Faits qui existent bien et qui sont le reflets de l’état réel de l’humain à l’abandon dans certains territoires précis, pas le sens de fond du mouvement.

Grenouilles !

Je me pose des questions sur toutes les jacqueries qui ont émaillées la France ces dernières années, qui n’ont rien de commun hors leur refus du modèle libéral dominant.

Tu vois qu’ils recoupent très imparfaitement les catégories politiques parlementaires, excepté par leur émiettement et l’indifférence voir l’hostilité des autres.

Vous avez les ZAD -> Laisser nous faire différemment de la société de consommation (écolos)

Les Gilets-Jaunes -> on n’arrive plus à marcher (rouler) normalement dans la société de consommation (Abstentionnistes, voir droite poujadiste, Insoumis)

Les Nuits Debout -> on veut s’asseoir et réfléchir ensemble (à un autre modèle) (écolo gouvernemental, Hamonisme)

Bonnets Rouges -> gardons notre liberté locale

La Manif pour Tous -> on ne veut pas du changement de moeurs mais en rester à la famille traditionnelle (UMP, Catho, FN)

Les Cheminots -> On ne veut pas de destruction du modèle de service public et de l’emploi (Syndicats, PC, Insoumis)

Avec un prix hors-piste, Révoltes de banlieue, revendication communautaire islam -> je rejette les valeurs de la société dominante

Ce qui est assez étrange, c’est que le modèle dominant, moeurs urbaines globales et libéralisme économique est archi-dominant (médias, argent, pouvoirs, culture) mais minoritaire.

Surtout il n’arbitre jamais, il profite de chacune des diversités de la société pour imposer son modèle.

Par exemple pour les gilets-rouges, il est évident qu’il fallait laisser à la Bretagne sa coutume de ne pas avoir de péages et maintenir les taxations sur le reste de la France. On en a profité pour démanteler tout le dispositif de l’éco-taxe dans le sens des intérêts financiers.

Pour le Mariage pour Tous, il y avait aussi un équilibre de société intelligent à trouver en jouant du consensus sur la liberté d’association des adultes mais en reposant de manière tout à fait séparée la question de la responsabilité, du droit de l’enfant et de la famille. Mais il était plus intéressant politiquement pour les libéraux de cliver « sur un droit à l’enfant » avec les méchants conservateurs, toute cette mousse sur les débats de société évitant que l’on regarde la question de la répartition de l’argent (dans le même temps on refilait les milliards au CAC40).

Les ZAD, encore plus facile. Ouvrir des zones libres d’expérimentations de la transition pour les personnes qui veulent expérimenter un modèle à l’effondrement en cours de la société de consommation.

Idem pour les gilets-jaunes. Il y a des Etats-généraux à ouvrir avec l’assurance d’un minimum garanti, un bouclier de taxation (une personne ne peut pas descendre en dessous d’un certain niveau de vie), un engagement d’alternative mobilité hors des métropoles, une taxation différenciée des carburants dans les campagnes etc.

Le service public, des hôpitaux, de la SNCF, de la Poste, de l’Education Nationale, de la sécurité etc ne devrait même pas être un sujet de débat dans un grand pays. Et on devrait même d’urgence y inclure la sécurité nucléaire.

Tout se dégrade t-il juste parce que vous passez votre temps à vous tirer dans les pattes les uns les autres et que l’arbitre est malveillant ou juste pro-business ? Essayez la concertation et la solidarité entre tribus ou trouvez un vrai arbitre, non ? Grenouilles !

Langlois-Mallet

Effondrement écologique : An I. Ecolos et gilets jaunes.
La France de 14 et la France de Cassandre

Oui, notre monde se casse la gueule. Oui, notre façon dont nous nous projetions individuellement et collectivement dans l’avenir est ou sera remise en cause, comme l’est déjà celle des gilets-jaunes.

Comme la crise financière, la dernière et la prochaine; comme l’effondrement de la biodiversité; un effondrement de l’humain de ses modes de vie est en cours. Nous ne savons pas où nous allons, alors que toute notre société est conçue, vendue et acceptée au contraire sur l’idée d’une assurance, de l’admission en maternité au contrat obsèques.

Comme les policiers, les enseignants, les postiers qui se suicident parce qu’ils sont pris dans des injonctions contradictoires. Les gilets-jaunes nous disent qu’une France est au bord du gouffre, n’y arrive plus.

Une France qui n’a pas les ressources d’autres.

Ces ressources économiques qui sont aussi culturelles : elle n’est pas la France des bons salaires qui permettent de s’aérer au contact de la planète; ni celle des repères du patrimoine et des valeurs lentes muries par les âges et gage d’avenir quoi qu’il advienne. Pas la France des stock-option, ni celles des vieilles pierres, donc.

Pas la France des bars branchouille ou des ZAD. Pas non plus la France des ressources culturelles (qui sont aussi une économie) : la France légitimée chaque jour par les valeurs et les moeurs à la mode, celle des idées et des lieux où il faut être; ni non plus la France des utopies concrètes ou d’une transformation collective de son mode de vie, qui a les outils culturels d’une rupture. Sa vieille caisse à outils manuels de papa d’ailleurs, elle l’a remplacé contre une autre flambant neuve Made in China, à l’électronique défectueux.

Un peu comme la France des tranchées de 14, c’est la France qui a fait confiance et c’est donc la France trahie. Celle qui est entrée tête baissée dans la consommation et le mode de vie importé des USA qu’on lui a vendu : Le corps motorisé dès qu’il passe la porte, la résidence individuelle énergivore, le samedi dans les zones commerciales bondées et les soirées devant la télé à faire le plein de besoins inassouvis.

Celle a qui a vendu la ferme il n’y a pas si longtemps contre une place en ville. Puis la ville contre un pavillon sur catalogue. Celle qui a cédé la monnaie de la France contre la promesse d’une Europe de paix et de la prospérité; mais qui a demandé par référendum à garder sa souveraineté, celle du peuple, que les élites lui avaient attribuée en 1789 contre le fait qu’elle la géraient en son nom, et lui ont confisqué. Celle à qui son patron lui a dit de refourguer aux immigrés ses jobs pénibles, sans qu’on lui ait dit, pas plus qu’à eux, qu’elle devrait partager le territoire, ni comment.

Une France dont les banlieues qu’on lui montre – et où elle n’a souvent souvent jamais mis les pieds – présente l’inversion des valeurs de l’enfance et de l’école. Une France qui se sent visée par leurs doigts d’honneur (et humiliée quand le président est sur la photo), qui se sent insultée par le mépris des autres ou qui l’est régulièrement : Une France qui n’a jamais été admise au château; qui regarde sur TF1 les soirées de la jet-set, les jeunes homos branchés qui ont réussit à Paris vomissent elle et son papier peint, parce qu’ils en sont issus; une France qui redoute de voir débarquer sur sa commune, une ferme bio de jeunes écolos anti-chasse.

Peut-être aussi une France qui a des ressources que les autres ne voient pas. Qui se retrouve sûrement autour d’une chaleur et d’une bouteille, qui communie dans la déploration. Peut-être que dans cette plainte là, n’y a t-il eu parfois que le FN pour écouter. Qui pour une part a peut-être voté parfois Le Pen ou comprends que d’autres le fasse, moins par conviction que parce que c’est interdit; que cela fait hurler tout ceux qu’elle déteste. Parce que quitte à être paria autant se trouver un parti paria aussi et qu’à force les crachats des journalistes à la mode agissent comme un ciment. Parce que les autres la traite de facho, alors tant qu’à y être, qu’elle va leur en donner. Et qui a défaut d’être aimée pourrait goûter au plaisir d’être crainte ?

Mais ce serait bien la dernière des choses à faire d’amalgamer ainsi les diversités qui la composent sous la bannière des Le Pen. Parce que son vrai dénominateur commun reste plutôt la gauche trahie, la trahison républicaine par les petits enfants de Pétain, l’abandon de ce qui n’est pas bankable, n’apporte aucun bénéfice symbolique, le cousin de province que l’on ne rappelle pas.

Il n’y a rien d’effrayant à la voir se révolter. C’est même très sain et un réflexe de vie quand nous sommes conduis (ce n’est pas faute de l’avoir dit) par les plus fous, ceux qui à l’approche des précipices appuient sur l’accélérateur. Les illuminés du plus de fric, qui augmentent la cadence sur la galère commune pour empocher le plus de dividende individuels avant la liquidation collective.

°°°

Le désarrois des écolos en revanche est ironique. Voilà la France de Cassandre perdant ses esprits devant le Cheval de Troie.

Avant de les allumer, essayons de les comprendre. Quand on a compris, comme eux, trente ans avant les autres que le problème serait le climat, la pollution, le mode de vie, on s’attend -c’est humain et ils ne sont pas au dessus du lot – à en tirer les bénéfices sans doute plus qu’à en affronter durement les effets.

Là fût le grand écueil de l’écologie politique (à ne pas confondre svp avec l’écologie de terrain, dans les fermes bio et la production durable). A partir de la génération Voynet (et les suivantes, Duflot… de Rugy), ces gens se sont lancés dans un développement non durable en politique « des postes ! des postes ! » faignants de ne pas voir que comme cet effet d’aubaine ne reposait pas sur une adhésion des citoyens construite dans le vote, mais sur la grâce de leurs alliés (les députés et ministres à la volée donnés par le PS libéral), il ne correspondrai à aucun rapport de force, donc aucune transformation réel.

Au lieu du patient travail au côté d’une société dont il fallait adapter les valeurs de pensée (ce qui est pénible et long et usant, car se faire mépriser et cracher à la gueule par des cons, c’est très lourd quand ont a tort, mais que dire quand on a raison ?) et le mode de vie à un choc à venir. Ils ont préféré adapter leur mode de vie à un confort. Se faire reconnaitre par les élites pour y avoir leur place. Persuadé qu’au centre du pouvoir, ils seraient en position confortable pour édicter les nouvelles règles et les pistes cyclables et de co-voiturage.

Ce n’est pas ce qui s’est passé. Les pouvoirs du fric se sont joué d’eux aussi, même si à la différence des premiers, ils ont été bien rémunérés pour cela, ils se sont servi de leur image et de la fraicheur de l’écologie pour enrober toutes les politiques polluantes dans un emballage de communication certifié renouvelable par la présence des Hulot et autres gogos qui ont payé pour voir, mais surtout pour se faire avoir. Mais quoi… Ils voulaient « essayer » (variante, changer les choses de l’intérieur).

Au moment où les faits mettent tout le monde au pied de l’écologie, ils n’ont plus accès à une parole forte. Ils n’ont pas de force organisée associée à la résistance du peuple contre les élites et pour cause, il se retrouvent à accompagner les gadgets du pouvoir les uns (Orphelin le bien nommé), à les devancer dans la compromission (Rugy). Ceux qui n’en sont pas, loin d’être en résistance, ont le sentiment d’avoir été laissé de côté. D’où une déploration accrue.

Il est difficile de comprendre que les gens se mobilisent contre une taxe auto et peu contre le changement climatique. Je ne pense pas que cela traduise une beauferie. Juste un ordre de priorité : « pensez à nos enfants, ici et maintenant », arrêtez de nous balader dans votre intérêt et donnez-nous des solutions concrètes.

Les écolos sont-ils en mesure ou non d’apporter des réponses à la vie dans les régions ? Sans doute en partie, théoriquement, mais ils sont trop loin aujourd’hui et des colères réelles qui devraient être leur carburant vert et des centres du pouvoir qui se sont retirés pour mettre en oeuvre quoi que ce soit, les laissant à leur amertume, sans voix porteuse au momentum et pire que tout, participant à la déploration geignarde sur la montée de l’extrême-droite.

Bravo les copains !

Mieux encore pour Macron comme pour l’extrême-droite, non seulement les porteurs d’analyses et de solutions se sont exclus tout seuls au moment où commence le vrai affrontement écologique, mais la bataille politicienne tactique est positionné là, sur leur champ.

En annonçant son intention de jouer les Européennes dans un clivage « moi, le roi de l’ultra-libéral tenant de la seule politique possible qui vous détruit » contre l’extrême-droite, Macron risquait d’ouvrir libre porte à l’écologie.

La taxe sur le diésel et la réaction qu’elle suscite lui permet de voir les écolos capitulards se rallier à lui contre les beaufs en gilet-jaune qu’ils sont d’accord pour renvoyer abusivement à Le Pen.

Re-bravo les copains, très fort.

Tant que l’on se trouvera avec des gens à 3000 € par mois (ouo 5 ou 10 000€) qui traitent de facho des gens qui en gagnent 1000 € (800 ou 500€), il n’y aura pas d’échange possible.

Commençons par prendre soin des enfants des autres et l’on verra après. Sans travail parfois, comment font-ils sans voiture individuelle ? Quelle alimentation sans centres commerciaux ? Quelle culture sans télé ? Quelle santé ? Quel partage ? Quels efforts raisonnables leur demander sur ces bases ?

Quelle justice de taxe ? Qui doit payer ? Les gros pollueurs ou les petites bagnoles ? Les deux d’accord, mais à juste proportion.

En refusant de payer une taxe souhaitable, les gilets-jaunes posent les bonnes questions auxquelles les élus écolos ont renoncé depuis longtemps, préférant demander des petits gestes de colibris à chacun, gestes utiles que dans la mesure où les gros gestes sont réalisés aussi, gestes légitimes que s’ils s’accompagnent d’une remise à plat globale des projets de vie dans une crise, qui n’est pas économique et passagère, mais globale et durable.

Si l’on évite le projet commun dans lequel se sacrifier et s’épanouir, on aura que la sommes des projets individuels pour survivre ou bloquer. Pas sur que ce soit ceux qui le disent qui soient du côté du collectif, ni ceux qui en ont l’apparence qui jouent l’individuel !

Langlois-Mallet

NB : comme d’hab, si vous aimez bien vous copiez-collez librement sur votre page dans un statut. Je ne le propose pas en partage parce que Facebook ne fait pas remonter dans le fil, donc vos amis ne le verraient pas.

Gilets jaunes à brûle-pourpoint

La question n’est pas le méchant peuple qui se révolte pour ses intérêts égoïstes et qui n’a pas compris comment nous les géniaux écologistes nous apportions les solutions merveilleuses.

D’abord pour la majorité des Français, les écologistes c’est un mouvement immature et grillé politiquement (Duflot qui en matière de voir le monde au niveau de sa boutique reste indépassable, de Rugy en lamentable valet de sa carrière, Baupin etc.) et le gentil Monsieur Hulot qui est parti.

La question que tu rates ami écolo, c’est pourquoi sommes-nous déconnectés de la vie quotidienne des gens ?

Les gens ont raison de se révolter ! Ils n’ont pas à payer deux fois. Le gouvernement leur a fait acheter du diésel, qu’il se débrouille pour leur racheter la solution alternative et non polluante. Ils ne sont pas idiots au point de ne pas avoir compris que les vraies facteurs de pollution (paquebot, avion, industrie et commerce globalisés etc…) n’étaient pas taxés.

Ils ont vu que les plus gros échappaient à l’impôt (optimisation, évasion fiscale encouragée, abandon de l’ISF, CICE etc…) et que les services publics tombaient en lambeaux, comme la vie au quotidien.

Que les classes dominantes imposaient leurs valeurs pour les repousser dans la catégories des beaufs, des Deschiens tout juste bons à voter FN.

Je suis vraiment étonné qu’un observateur sagace comme toi n’ait pas vu que le choix de cette taxe était juste un coup électoral mitterrandien destiné à préparer les européennes :

Macron veut obtenir des posts Facebook comme celui que tu viens d’écrire. Creuser un bon clivage entre un méchant peuple FN des voitures et les gentils écolos des transports en commun.

Il en a besoin pour sa stratégie de clivage qui choisit le FN justement comme interlocuteur mortifère pour un tête à tête qu’il veut imposer à l’Europe, comme il lui a réussi au 2e tour en France.

Faire tomber une taxe « écolo » (dont tout le monde sait bien qu’elle ne sert à rien et que les sous irons rembourser les cadeaux qu’il a fait à ses amis du CAC40), ne sert qu’à ancrer l’idée d’une écologie punitive dans la France d’en-bas pour ne rien changer, tout en s’attirant la sympathie des écolos à la vue basse. A dresser surtout un antagonisme sur de mauvaises base pour capter le vote écologiste face au populisme.

Apparemment, ça marche même sur des gens finauds et qui ont lu (ou écrit) des livres, alors pourquoi se priver ?

Reste que cela lui pète au nez pour le moment dans des proportions qu’il n’attendait pas…

On va en rajouter une couche, les écolos payent aussi la colibrisation et la dépolitisation de l’écologie.

A force de vouloir voir dans les petits gestes quotidien l’alpha et l’oméga de la vie politique, ils se construisent aussi des méchants qui ne font pas ces gestes, alors que les questions macro-économiques (la globalisation des échanges, le fait que n’importe quel objet ait fait le tour du monde trois fois avant d’entrer chez-nous, etc.) ont été délaissé comme thèmes, ce sont ceux-là qui sont potentiellement fédérateurs des colères et leur donnent une juste orientation.

Non, les gens n’ont pas tort d’être en colère, nous sommes responsable de ne pas avoir transmis les bons carburants au feu ! A minima, ne nous mettons pas bêtement maintenant du côté de ceux qui jettent de l’eau (et qui sont les vrais pollueurs).

Langlois-Mallet

NB : comme d’hab, si vous aimez bien vous copiez-collez librement sur votre page dans un statut. Je ne le propose pas en partage parce que Facebook ne fait pas remonter dans le fil, donc vos amis ne le verraient pas. »

 

* – Gilets-Jaunes. Retour et risques de la politique ?
– Gilets-Jaunes : Aux Champs-Elysées, palapalapa…
– Gilets-jaunes v/s Macron. Quel vent soufflez-vous ?
– Gilet-jaunes V/S Macron : l’instant thatchérien
– Grenouilles !
– Effondrement écologique : An I. Ecolos et gilets jaunes.
La France de 14 et la France de Cassandre
– Gilets jaunes à brûle-pourpoint

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