Gilets-Jaunes. Retour et risques de la politique ?

A mon avis vous devriez arrêter avec les mots droite et gauche pour qualifier les Gilets Jaunes ou le peuple plus largement (la variante, le mot « confusion » pour parler des revendications quand ne rentre pas dans les cases). De même avec « pouvoir d’achat » quand on parle de reste à vivre ou de survie.

Si les gens se reconnaissaient dans ces cadres, ils voteraient massivement et tout serait comme avant : les débats auraient lieu au parlement.

Cela fait des années que devant la bunkerisation des pouvoirs. Il s’est constitué une opinion majoritaire dans le rejet du consensus opéré par les élites de droite et de gauche.

Au delà de 3000 euros par mois, que l’on soit de droite ou de gauche, il y a convergence tacite vers « la seule politique possible et un consensus sur le côté inéluctable de la globalisation : « there’s is no alternative» sert de projet de société à tous ceux qui estime leur vie finalement satisfaisante. On peut avoir des sensibilités (une inquiétude écolo même) mais avec une qualité de vie, elles restent comme « extérieures », des opinions virtuelles.

Le verrouillage électoral et institutionnel de cette iniquité étant encadré par un verrouillage du débat par des insultes de racisme social ou de distinction culturelle (sans-dents, gaulois réfractaires, ceux qui ne sont rien, beaufs de Cabu ou Deschiens…) ou au nom d’une morale limitée aux questions de mœurs : indifférence totale dans les actes (à la pauvreté des autres ou à sa responsabilité d’élu ou d’élite), surexcitation à proportion dans l’excommunication contre des propos, réels ou supposés, pour (populiste, homophobe, sexiste, fasciste, nazi etc…).

En-dessous de 3000 € à deux, ce consensus économique et politique ne tient pas et le vernis d’humanisme qui l’encadre se craquelle, aux risque d’emporter avec l’hypocrisie de vraies valeurs usées de trop d’instrumentation. Le débat étant aussi interdit que l’accès aux élections, la conscience politique se constitue ailleurs, autour d’autres représentations et d’autres clivages. Que l’extrême-droite ait une longueur d’avance du fait de sa mise à l’écart (qui permet une identification), c’est certain. La France Insoumise aussi est en position de dialogue. Mais je pense plutôt qu’autre chose émerge qui n’entrera pas dans les grilles. Le brouillage même des grilles de ces partis le montre.

Tout ne sera pas à notre goût, il y aura tension, conflit même surtout autour de question liées à la nationalité ou à l’immigration, mais du moins peut-on espérer d’une brèche dans la chape de plomb ultra-liberale et technocratique, un retour du débat, un rapatriement de la décision dans le réel, bref un retour de la politique.

Espérons qu’entre le durcissement des pouvoirs dans la répression et la manipulation du recours à l’extrême-droite, l’expansion de la révolte par définition ouverte aux quatre-vents, qu’entre les méprisants et la colère, s’ouvriront des espaces de vraie démocratie pour associer, à la place d’élites complices et incapables, à la fois le comment bien vivre à l’état de guerre environnementale.

Langlois-Mallet

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